Deux vidéos à ne pas manquer !

___

 

 Dans le cadre de l'émelisabethission « Les Chemins de la foi » ayant pour thématique « Sciences et religions, croire et savoir » (diffusée le 22/11/20), France 2 a dédié un segment aux effets de la méditation, selon les dernières avancées scientifiques. Vénérable Élisabeth y a parlé de la méditation comme une véritable « transformation de l'esprit » apportant la paix et le bonheur. Vous pouvez visionner l'extrait ici : https://youtu.be/hc_4OPp2b4k

 

 

___

 


Geshe Damdul PHOTO 2Le centre Kalachakra a organisé un évènement exceptionnel en ligne, avec le Vénérable Géshé Dorji Damdul, traducteur de Sa Sainteté le Dalaï Lama et directeur du Tibet House à Delhi. Les 6,7, et 8 novembre dernier, Géshé Damdul a donné un enseignement en anglais, traduit en simultané en français, sur le Sūtra de la pousse de riz (Śhālistamba Sūtra). Pour ceux qui l'auraient raté, l'enseignement peut être visionné dans son intégralité ici : https://www.centre-kalachakra.com/mediatheque/436-commentaire-du-sutra-de-la-pousse-de-riz-shalistamba-sutra

Paroles de Maîtres, par Lama Yeshe

 

On m'a demandé de dire quelques mots sur le thème de l'anxiété à l'ère nucléaire. La première chose à observer est que les hommes ont créé les armes nucléaires et craignent désormais de les détruire. Est-ce logique ? D'abord nous créons une situation, et ensuite nous avons peur d’elle...

Nous savons que l'énergie nucléaire existe et est destructrice par nature, mais qu'elle peut aussi être bénéfique et améliorer notre confort de vie. Néanmoins, nous restons anxieux à l’idée du préjudice qu'elle pourrait causer, à nous et aux générations suivantes.

Cependant, il n'y a paLama Thubten Yeshes lieu de la craindre ou de s'inquiéter. D’une part, l'énergie nucléaire est une réalité, et d’autre part notre opinion sur ce qui se passe est juste…  une opinion, une simple présomption. 

Vous pourriez affirmer que même si ce n'est qu'une présomption, nous devrions nous inquiéter. Si c'est le cas, nous devrions nous inquiéter de tout, nous devrions être inquiets au sujet de ce qui pourrait arriver demain. Chaque jour depuis que le monde existe, quelque part sur terre, il y a une forme de catastrophe naturelle : inondation, tempête, incendie de forêt, tremblement de terre, éruption volcanique… En résumé, des morts et des destructions. C'est un phénomène tout à fait naturel. La nature elle-même est destructrice par nature, et elle a la capacité de produire de la violence. Pourtant, je ne pense pas que vous devriez perdre le sommeil à ce sujet. Il n'est nul besoin de peur, d'inquiétude ou d'anxiété.

Je ne dis pas que les gens qui sont contre l'énergie nucléaire sont des méchants. Moi aussi, je sens que c'est dangereux. Mais nous devons éduquer le monde sur ses dangers d'une manière pacifique, c’est-à-dire qui ne produit pas de réaction émotionnelle, notamment de haine.

J'ai vu beaucoup de gens manifester pacifiquement à la télévision. Même s'ils se sentaient fortement préoccupés par ces questions, ils étaient ouverts d’esprit. Je pense que c’est une bonne manière de voir les choses. Ils ont compris l'importance de diffuser pacifiquement un message sur le danger nucléaire. J'ai été très impressionné. Mais je reste toujours préoccupé !

Si nous nous laissons être anxieux et perturbés émotionnellement, nous ne produirons que plus de confusion en nous-mêmes. Et quand nous sommes confus, nous diffusons cette énergie de confusion aux autres et à l'environnement. 

Apporter la paix au monde n'est pas une maigre tâche. Nous devons prendre sur nous une responsabilité universelle. En tant qu'individus, notre premier devoir est de garantir que nous ne nuirons jamais à la vie des autres. Nous devons aussi générer la résolution indestructible que quelles que soient les circonstances, jamais nous ne toucherons aux armes ni ne tuerons d'autres êtres humains. Il faut engendrer cette détermination. Si vous ne pensez pas comme ceci, comment pouvez-vous imposer aux autres d'être comme cela ? Ce n'est pas réaliste. Afin d'éduquer les autres sur la manière dont l'énergie nucléaire peut être nocive et cruelle, nous devons d'abord NOUS éduquer.

Nous ne devrions donc pas nous inquiéter de l'ère nucléaire, car elle est déjà parmi nous. Nous avons créé cette situation. Naturellement, la terre contient l'énergie nucléaire depuis sa création, mais c’est l’humanité qui l’a rendue aussi dangereuse. Dans le bouddhisme, nous appelons cela un karma. Une fois qu'une situation s'est manifestée, la meilleure chose à faire est d'accepter le fait et de traiter avec elle.

 Ceci étant dit, il n'y a aucuneLamaYeshephoto raison de nous haïr, l'anxiété pouvant engendrer la haine. Au contraire, nous devons vérifier notre motivation pour promouvoir le désarmement et la fin de l'énergie nucléaire. Pourquoi ? Car nos raisons sont peut-être égoïstes (la peur de notre propre destruction). Au lieu de cela, nous devrions avoir des préoccupations pour l'ensemble des êtres et de l’environnement. C'est la bonne motivation. Dans ce cas, il n'y a plus d’émotion perturbatrice.

 Est-ce bon de se soucier de tout vingt-quatre heures par jour ? Cela trouble votre esprit et vous empêche d'avoir une vie paisible et joyeuse. C'est une perte de temps. Ce n’est pas parce que vous vous inquiétez que les choses vont changer. Si quelque chose est déjà cassé, c'est cassé, c’est tout. L'inquiétude ne la réparera pas. Cette terre a toujours été destructrice par nature, qu’elle soit ou non dans l'ère nucléaire. Du sang coule toujours dans un endroit ou un autre. Regardez l'histoire du monde, cela a toujours été comme ça. Le bouddhisme appelle cela impermanence, et c'est ainsi que fonctionne l'esprit humain.

Prenez aussi la guerre des États-Unis au Vietnam. Cela a rassemblé les gens dans un mouvement pour la paix. C'est l’interdépendance. Certaines personnes ont vu les horribles souffrances, la confusion, la misère et la destruction et en conséquence, sensibles à cette forme d’injustice, elles ont créé malgré les difficultés un mouvement de paix et d'amour.

La bonne façon d'éliminer le mal de cette terre est d'abord de libérer votre esprit des perturbations émotionnelles qui causent des peurs irrationnelles, puis de vous éduquer et éduquer les autres dans la façon d'apporter la paix au monde. La première chose que vous devez faire est de contrôler votre propre esprit et de vous engager de cette manière : « À partir de maintenant, quelles que soient les circonstances, je n’utiliserai jamais d’armes pour tuer un être humain ».

Programme Novembre-Décembre

Programme novembre decembre2

Offrande de rituels « Hayagriva » les plus secrets.

Autel de la pratique de Hayagriva Depuis plus de 25 ans, un fond monétaire pour offrir des rituels a offert des prières et des pratiques dédiées au   succès et à la longévité de la FPMT . La très secrète pratique de Hayagriva est une pratique que Lama Zopa   Rinpoche considère comme particulièrement importante pour la FPMT en raison du lien étroit que l’organisation   possède avec la déité, celle-ci étant la protectrice principale de la FPMT.

 Tous les 29e jour du mois du calendrier tibétain, ce fond monétaire  fait des offrandes à une quarantaine de   moines  les plus agés du monastère de Sera Djé, spécialisés dans cette pratique, pour performer la version   longue  du rituel secret de Hayagriva . C’est un rituel qui s’étend sur une journée entière avec des formes   élaborées d’offrandes de torma (gâteau rituel), des longues prières et des méditations. Même durant la pandémie,   ce rituel mensuel se tient avec des prières pour l’organisation et pour toutes les êtres. Hayagriva est la   manifestation courroucée de Tchenrezi, ainsi que la divinité protectrice principale du monastère de Sera Djé. La   pratique de Hayagriva est extrêmement puissante, elle aide et soutient, elle pacifie les obstacles rapidement.   Lama Zopa Rinpoche a dit que l’une des raisons pour lesquelles le monastère de Sera Djé a connu le plus de succès et a produit des enseignants qualifiés, qui ont une grande compréhension du Dharma, un bon cœur, des esprits maîtrisés, ce sont les bénédictions – ou actions sacrées – de cette déité, Hayagriva . Grâce à cette déité, on fait l’expérience de grands succès non seulement extérieurs, mais aussi intérieurs.

En cette période de crise due à la pandémie de COVID-19, des désastres naturels et de troubles politiques, ces pratiques mensuelles sont particulièrement importantes pour la communauté FPMT, ceux qui sont au service de l’organisation, les moines de Sera Djé ainsi que pour tous les êtres.

Rencontre avec Véronique

 

Veronique Andersen Ce mois ci on échange avec Véronique, une étudiante de longue date du centre qui mène des méditations du   matin, des pratiques de Tara et des méditations vipassana.

 Est ce que tu peux nous raconter ton histoire avec le bouddhisme ?

 Je suis arrivé au bouddhisme par mes études. Je faisais mon mémoire sur un artiste japonais du XIXème siècle.   C'est comme ça que j'ai découvert bouddhisme zen et très vite ca a fait écho. Un jour, alors que je me   promenais  sur marché d'Aligre, je suis tombée sur Esprit zen, esprit neuf. Ce livre a été une bombe pour moi,   dans le sens où ce que je lisais me parlait totalement comme si cela m’était déjà familier alors que je ne   connaissais rien au Zen. J'ai d'abord fréquenté le centre zen de la Gendronnière puis un ami m'a parlé de Sogyal   Rinpoche et j'ai étudié plusieurs années avec lui. Plus tard, un ami m'a parlé de la retraite annuelle de Kopan.   Pour moi c'était à la fois l'opportunité d'un voyage et d'une retraite que j'ai faite en 1984 lors de laquelle, j’ai   découvert le Lam Rim. Toutes ces méditations analytiques ont eu un effet incroyable sur mon esprit, laissant des   empreintes durables. Et puis ça a été la chance inouïe de rencontrer Lama Zopa Rinpoche. Je me rappelle qu'il   avait beaucoup mis l'accent sur la Bodhicitta. J'avais l'impression que je pouvais beaucoup plus me saisir de tous  ces enseignements pour agir dans ma vie quotidienne que la Vue du Dzogchen qui semblait à portée de main lors des enseignements et pourtant si difficile à réaliser . En même temps, je n’aurais pas pu commencer avec Lama Zopa Rinpoche car son approche très rigoureuse m'aurait fait partir en courant (rigole).


En 1986 Lama Zopa Rinpoche a demandé qu'un centre soit créé à Paris et c'est comme ça que le centre Kalachakra est né. Au début, c'était dans un appartement puis itinérant chez les uns et les autres. Des lamas du centre Vajra Yogini venaient enseigner à Paris et Lama Zopa enseignait des retraites en Europe, régulièrement. Et puis j'ai eu 3 enfants de manière assez rapprochée et  je n’ai plus fréquenté le Centre  car c’était compliqué. C'est le moment où j'ai développé une connexion avec le village des pruniers car on pouvait y aller avec les enfants. Je recevais régulièrement la sangha de Thich Nhat Hanh à la maison car c'était plus facile de pratiquer chez moi, avec les enfants. J'ai vraiment reconnecté avec le centre Kalachakra,  il y a 8 ans environ. En particulier, j'ai fait ma première retraite vipassana en 2014 et j'ai senti qu'une partie de mon chemin passerait par là. Cette manière non conceptuelle d’appréhender l’esprit et de comprendre par l’expérience son fonctionnement a été d’un immense apport. Etant déjà beaucoup par mon métier dans les études et le mental,  j'avais besoin d’aborder le Dharma par une autre approche. Chaque retraite est l’occasion de découvertes toujours renouvelées et de compréhensions qui fertilisent la vie quotidienne en permettant une meilleure prise en compte des perturbations. Depuis 2014, j'ai fait une dizaine de retraites vipassana et je fais le vœu de pouvoir continuer.

Par la FPMT, j’ai fait connaissance avec la déité féminine Tara, la mère de tous les Bouddhas . J'ai reçu l’initiation de Lama Zopa Rinpoche et cette pratique est devenue centrale pour moi, ces dernières années.

Quand je vois l’essor du Centre Kalachakra, je suis pleine de respect et de gratitude pour sa directrice et tous les personnes qui y contribuent. C’est si précieux et si rare ! Chaque sangha est une micro société, un laboratoire émotionnel très fort qui nous donne l’occasion de pratiquer les enseignements en diret. J’ai toujours trouvé celles de la FPMT [le réseau de centre sous la direction spirituelle de Lama Zopa Rinpoche dont le centre Kalachakra fait partie] très harmonieuses et inspirantes. Ca reflète vraiment les qualités de Lama Zopa Rinpoche.

Progressivement, je me suis trouvée plus impliquée. Quand Vénérable Elisabeth m'a demandé de commencer à mener des méditations, je me sentais dans l'imposture totale. Et puis j'ai compris que c'était l’égo qui résistait et  qu'il s'agissait avant tout de faire ce qu'on peut au mieux pour les autres. Au début c'était l'horreur et maintenant je réalise que c'est un cadeau. Ca pousse vraiment à approfondir et c'est un bon moyen de rendre un petit peu tout ce qu'on reçoit.

Dans quels programmes t'es tu retrouvée impliquée ?

J'ai commencé par quelques méditations du mercredi, puis des méditations vipassana [le centre organise une fois tous les 15 jours des méditations vipassana pour les personnes qui ont fait une retraite vipassana]. Maintenant je guide une méditation par semaine le matin.

J'ai aussi mené un petit programme pour les enfants mais nous n'avions pas eu beaucoup d'inscrits. Et puis plus récemment j'ai mené différentes pratiques autour de Tara : une journée de pratique à la pentecôte l'année dernière, une demi-journée pour expliquer et pratiquer les visualisations cette année pendant le confinement et une retraite au centre à venir bientôt [elle était prévue pour la Toussaint mais a du être annulée du fait du confinement]. 

Ça correspond aussi à une période où je me donne du temps et qui me permet de vraiment approfondir ma pratique.

Tu as d'autres envies ?

A court terme, je me pose la question de faire le PEBA. Je ne l'ai jamais fait. D'un côté, je suis attirée par plus d'étude et de l'autre on ne peut pas tout faire et je ne veux pas me disperser.

Venant de l’architecture, je suis très intéressée par l'idée d'un habitat participatif avec une couleur de Dharma. J'imagine un lieu d'entraide et de pratique commune. Je sais que le centre a des projets dans ce sens et ça m'intéresse.

Un mot pour la fin ?

Beaucoup de gratitude ! Quand je vois maintenant mes enfants qui font regulièrement des retraites vipassana et l'un d'eux qui est même allé à Kopan, je me dis qu'ils ont une boite à outil précieuse