Paroles de Maîtres

 

Sa Sainteté le Dalaï-Lama prit la parole en disant :

« Aujourd'hui, nous ne sommes pas en contact direct mais grâce à internet, nous avons la possibilité de nous voir et de nous parler. Toutes les religions transmettent un message de compassion et soulignent l'importance de la chaleur du cœur, de la tolérance, du contentement et de l'autodiscipline. De nombreuses religions croient en un Dieu créateur et font le constat qu'en tant qu'enfants de ce Dieu, tous les êtres humains sont frères et sœurs. Et puis il existe aussi des traditions non théistes, principalement en Inde, qui considèrent l'amour bienveillant comme la plus précieuse des qualités humaines.

Les scientifiques observent que nous, les êtres humDL prayingains, sommes des animaux sociaux avec un sentiment de grande responsabilité pour notre communauté, car notre survie même dépend du bien-être de celle-ci. Veiller à son bien-être est l'un des meilleurs moyens de satisfaire notre propre intérêt.

Dans ce contexte, les scientifiques portent une attention plus soutenue à ce que l’on doit faire pour développer la paix de l’esprit. Un des facteurs à considérer est d’arriver à comprendre que ce sont les obstacles internes, les émotions perturbatrices comme la colère, qui perturbent notre paix de l’esprit. Lorsque la colère surgit, votre paix intérieure s'évanouit. Toutefois, l’antidote à la colère est la compassion.

Depuis des milliers d'années, l'Inde préserve une tradition de non-violence, de retenue pour ne pas causer du tort, soutenue par karouna, ou compassion, et le souci du bien-être d’autrui.

Dans la tradition bouddhiste, nous ne nous appuyons pas sur la foi pour cultiver la compassion et la paix de l'esprit, nous utilisons la raison. Nous suivons le conseil du Bouddha de ne pas accepter ses paroles au pied de la lettre, mais de les examiner et de les tester comme un orfèvre teste l'or. En conséquence, les disciples du Bouddha en Inde et plus tard au Tibet ont préféré adopter une approche logique et investigatrice – ce qui correspond à la méthodologie scientifique.

Parce que le Bouddha enseignait à des personnes avec des prédispositions mentales différentes, à des moments et des endroits différents, nous devons examiner ce qu'il a enseigné et l'évaluer. Les grands professeurs de l'université de Nalanda qui sont venus après Nagarjouna firent une distinction entre les enseignements du Bouddha qui pouvaient être acceptés comme définitifs et ceux qui nécessitaient une interprétation.

Depuis le VIIIe siècle, après que le roi tibétain Trisong Détsèn ait invité au Tibet un éminent chercheur de l'université de Nalanda, Shantarakshita, nous avons également adopté une approche logique. En plus de ses traités, nous avons traduit et étudié rigoureusement les travaux des grands logiciens indiens Dignaga et Dharmakirti.

Cette formation logique est la base sur laquelle j'ai pu échanger avec des scientifiques depuis de nombreuses années. Il y a, d'une part, des points de convergence entre la pensée bouddhiste ancienne et les découvertes de la physique quantique. D'autre part, les scientifiques commencent à porter un intérêt au fonctionnement de l'esprit et des émotions.

Aujourd'hui, sur cette planète, nous sommes confrontés à de nombreux problèmes dérivés de la colère, de la jalousie et de la peur. Les technologies d'armes, comme les armes nucléaires, que nous avons mises au point grâce à notre intelligence, sont une menace pour la paix. Cependant, de plus en plus de personnes soutiennent des mouvements visant non seulement à éliminer les armes nucléaires, mais aussi à parvenir à une démilitarisation mondiale totale. Les gens accordent de la valeur à la perspective d'une paix mondiale mais rien n'en sortira de bon à moins que nous développions, au niveau de chaque individu, la paix de l’esprit en notre for intérieur. Nous appartenons tous à la société humaine et nous devons apprendre à y contribuer et à vivre ensemble. »