Rencontre avec Magali

Magali est étudiante de DB et elle a repris récemment la gestion du centre de retraite de Saint-Cosme.

Comment t’es-tu retrouvée impliquée au centre Kalachakra ?

20210523 140137Je viens d’un milieu laïc mais je me suis toujours intéressée à la spiritualité et plus généralement à tout ce qui touchait à l’histoire et à la philosophie des religions. Il y a une dizaine d’années, j’ai essayé de faire un peu le tri dans une vie personnelle et professionnelle intense et on m’a conseillé de m’intéresser à la méditation. J’ai commencé par la méditation de pleine conscience : Christophe André, Petit Bambou… Mais très vite je me suis rendu compte que tout ça manquait de sens. 

Je suis militante depuis longtemps : la libération de Mandela, les sans papiers, le D.A.L., le droit des femmes… Dans ces luttes, j’ai découvert Gandhi et j’ai approché l’histoire récente du Tibet. Du coup, ça m’a aussi amené à m’intéresser à des personnes inspirantes comme Nelson Mandela, ainsi qu’à la bienveillance et la non-violence.

Il se trouve que j’ai une amie très chère qui a suivi la première session du nouveau cycle de Découverte du Bouddhisme en septembre 2019 et qui m’a dit que ça devrait m’intéresser, tout en étant une occasion de nous voir. C’est comme ça que j’ai commencé DB en faisant l’aller-retour depuis Lille pour chaque session. D’un rendez-vous qui consistait à voir une amie, c’est devenu un rendez-vous important pour toutes les deux au Centre. J’ai beaucoup apprécié l’accueil du Centre et le fait que tout le monde ait le droit d’être là sans préjugé. On ne m’a pas demandé ce que j’avais fait, si j’étais bouddhiste ou non et c’est précieux. Je trouve ça fort de réunir des personnes avec des aspirations et des niveaux aussi différents.
Depuis, j’ai suivi DB quand j’ai pu, ce qui n’a pas toujours été facile avec tous les confinements (rires). Ça m’a donné envie de m’intéresser plus largement au bouddhisme. J’ai ainsi suivi le cycle sur les sciences de l’esprit enseigné par François ainsi que des méditations guidées, et je me suis intéressée aux prières avec Elio.
Depuis 20 ans, je travaille dans le spectacle vivant. Le confinement a mis un gros coup d’arrêt à l’activité elle-même, mais cela a aussi questionné le sens de cet engagement, avec l’impression que finalement ce pour quoi nous travaillions depuis si longtemps (donner à voir et entendre des propos artistiques exigeants au plus grand nombre), ce n’était pas si important en ce temps de crise. Quand l’annonce pour la gestion du centre à Saint-Cosme est parue, je me suis dit que c’était le moment. J’avais fait une retraite de François sur la voie graduée et j’avais beaucoup aimé le lieu. J’ai postulé et je n’en reviens pas que ça se soit fait. J’ai commencé le 11 mai. 

C’est quoi ton quotidien ?

En amont, il faut tout organiser, répartir les chambres, les préparer, prévoir les repas, répondre aux questions des inscrits, gérer toutes les petites réparations à faire. Et j’essaie de passer beaucoup de temps avec les retraitants pour qu’ils se sentent bien et que leur retraite se passe pour le mieux. Cela est aussi varié que d’aller chercher une brosse à dent pour quelqu’un qui a oublié d’en amener une, organiser le karma-yoga, donner un coup de main aux uns et aux autres, faire les courses, la lessive, la cuisine… Et tout cela en étant très à l’écoute. Je ne suis pas seule à faire tout ça, je viens m’insérer dans de nombreuses énergies positives et actives, et c’est très inspirant.

Tout cela apprend à modérer ses angoisses et gérer son stress différemment. J’avais appris de par ma proximité avec les artistes. Mais là, il y a une dimension supplémentaire. J’ai l’impression de participer à quelque chose qui a un sens très profond, même si voir une classe d’enfants repartir d’un spectacle avec des étoiles plein les yeux, c’est aussi très profond et enrichissant. Je n’ai pas l’impression d’être si loin de ce que je fais ailleurs, mais il y a une dimension en plus.

Et comment tu vois l’avenir ?

Je suis vraiment heureuse ici. Par exemple, ce matin j’ai pu assister à une partie de la fin de la retraite de Vajrasattva et je réalise vraiment ma chance. Ce qui est sûr c’est que le lieu est vraiment magique. Le rapport à la nature est essentiel pour moi tout comme pour les retraitants. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup à faire autour de cela. Je me vois ici sur la durée et j’aimerais organiser mon temps pour suivre des retraites. J’aimerais aussi explorer la bibliothèque. J’ai plein d’envies et la difficulté est de tout faire. On m’a mis dans la chambre Patience, et ça me va bien (rires) !