François entame une retraite de six mois en solitaire dans les Alpes

 

Enseignant du Centre Kalachakra, François vient d'achever le dernier cycle Découverte du Bouddhisme. Nous l'avons interrogé sur ses projets. Propos recueillis par Franck.

 

PSX 20211214 183854- En cette fin de cycle DB, quel est ton "état d'esprit" ?

- Waow ! Eh bien, je crois que je suis très joyeux. Très joyeux d'avoir terminé deux ans et demi d'enseignements, et de constater la progression des étudiants DB sur la même période. Il y a un bon niveau général. Même si c'est un seul week-end par mois, en deux ans et demi, on a réussi à avoir une bonne perspective de ce qu'est le bouddhisme tibétain. Cela me réjouit. Il y a une bonne rétention d'informations. De plus, pas mal de personnes m'ont indiqué avoir beaucoup changé, non seulement dans leur pratique personnelle mais aussi à un niveau humain. La vidéo de Capucine a montré que les gens, à travers les méthodes envisagées, sentent que les choses fonctionnent.

Il y a aussi quelque chose d'émotionnel, peut-être un peu de tristesse, d'avoir à quitter les étudiants après ce long moment. Car nous avons partagé une page d'histoire, de vie en commun.

 

- Que vas-tu faire à présent ?

- Je vais partir en retraite. La fin du programme me donne cette opportunité. Je me suis engagé au Centre pour la durée du programme car il me semble bon que pour tout un programme d'étude il n'y ait qu'un seul enseignant. Je voulais donc réaliser ce programme en entier pour avoir un sentiment d'accomplissement et pour "boucler la boucle". Maintenant que le programme se termine et que Vénérable Gyaltsen va prendre la suite, j'ai du temps pour essayer d'intégrer le Dharma. Je vais donc me lancer dans une retraite de six mois. Intégrer le Dharma, cela nécessite souvent de passer davantage que quelques semaines en retraite. Je m'engage dans des retraites dès que j'ai du temps ; j'en ai fait une de deux mois cet été qui n'était pas en isolement complet.

 

- Comment est venue cette idée de retraite, et pourquoi six mois ?

- L'idée est venue d'une envie forte. Je pense que l'enseignement y est pour beaucoup. Enseigner et demander aux autres de pratiquer le Dharma, cela nous pousse à le faire nous-mêmes. Quand on enseigne, on regarde son esprit et on voit qu'il nous faut nous aussi intégrer le Dharma en profondeur. C'est un besoin profond de tirer profit de cette existence au maximum, et la retraite est un des meilleurs choix que je puisse faire.

En ce qui concerne la durée j'ai déjà suivi une retraite de trois mois en solitaire dans les montagnes de la Sierra Nevada en 2017. Et comme j'ai un esprit un peu binaire [rires], je me suis dit que je pouvais peut-être faire deux fois plus ! Six mois, c'est aussi une durée qui est suggérée dans le cadre d'une retraite de calme mental.

 

- As-tu choisi un thème, des contraintes particulières pendant cette retraite ?

- Le thème sera le calme mental, qui m'intéresse et que j'étudie depuis des années. J'ai la chance d'être accompagné par Alan Wallace. Une grande partie du temps va donc être vouée à travailler le calme mental. Je n'ai pas du tout la prétention de l'accomplir, mais je souhaite aller dans cette direction. Je pense que pendant les premières semaines ou premiers mois, l'emphase sera faite sur les pratiques préparatoires ou préliminaires que l'on retrouve dans le Lam-Rim : le contentement, les antidotes à l'attachement, l'observation du corps et des pensées, le refuge, la bodhicitta, la vacuité, la précieuse existence humaine... Puis, lentement, un glissement se fera vers une pratique plus intensive, plus exclusive du calme mental.

 

- As-tu une idée de ce que tu feras ensuite ? Aura-t-on la chance de te revoir [rires] ?

- Eh bien, on n'a pas encore prévu avec le Centre ce que j'allais faire, car j'aime l'idée de rentrer en retraite en ayant le moins de préoccupations possible sur ce qui va venir après. Il est probable que je fasse un pèlerinage en Inde. J'aimerais partir dans les Himalayas, rencontrer des Maîtres comme Sa Sainteté à Dharamsala, passer quelques mois à me ressourcer spirituellement. 

 Il est envisagé avec le Centre de proposer une retraite assez longue de shamata et vipashyana, et peut-être aussi des enseignements particuliers, autour par exemple du calme mental ou de l'approfondissement de la méditation. Mon souhait est bien entendu de revenir au Centre et d'être bénéfique, à la fois à Paris et à Saint-Cosme.