Rencontre avec Pascal

 

Propos recueillis par Arnaud.

 

image02Comment t’es-tu retrouvé impliqué  au Centre?
C’est en voyant un reportage dans "Sagesses Bouddhistes". La présence de Vénérable Élisabeth m’a parlé. J’ai tout de suite ressenti et apprécié son côté rassurant, mais aussi très clair, méthodique et concis. Je me souviens encore de cette impression de la connaître déjà et au fond de la retrouver. J’étais à la recherche d’un centre bouddhiste à ce moment-là. J’y suis donc allé et Vénérable Élisabeth m’a accueilli, avec son sourire qui comprend tout et puis cette manière qu’elle a d’être toujours elle-même.


J’ai commencé à fréquenter le centre quand je le pouvais, en particulier pour les méditations guidées offertes le mercredi soir. La première fois, je me souviens encore du silence de nos respirations qui apaise peu à peu, et le grand respect tranquille et uni qui imprégnait le lieu et notre groupe. J’ai aussi suivi quelques enseignements, mais avec l’impression que c’était bien trop avancé pour moi…

 


Qu’est-ce qui t'a marqué ?
Tant de moments m’ont marqué… L’effort courageux des pratiquants et bien sûr, les enseignants, ayant dédié leur vie entière (et parcouru le monde parfois) pour venir jusqu’à nous dans le seul but de nous rappeler à notre propre liberté. Quels cadeaux immenses, librement offerts, quand, au dehors et en dedans de nous, tout semble vaciller.
Je me souviens en particulier des enseignements de Vénérable Robina sur Tara verte. Je ressens comme si c’était hier l’impétuosité de sa parole et la fontaine d’énergie émanant d’elle, pour nous aider à nous reconnaître et à nous comprendre. C’est une des fois dans ma vie où il faisait beau dehors comme dedans.


Souvent, l’enseignement n’était pas seulement dans ce qui était dit, mais aussi dans ce qu’il me permettait de réaliser sur moi là où j’en étais, à ce moment-là. Par exemple, ne me débrouillant pas trop mal en anglais, j’avais proposé mon aide pour traduire Vénérable Robina. Mais elle s’est vite rendue compte que je n’étais pas capable de l’écouter et encore moins de comprendre avec justesse pendant 10-15 minutes puis de traduire à la virgule près sa parole. Cette prise de conscience a été une leçon d’humilité et un enseignement sur mes limites dont je me rappelle encore souvent sur mon chemin.

 

Et en ce moment ?

J’essaie de mettre en application ce que je lis et entends mais je dois dire que j’ai toujours l’impression d’être à un niveau de débutant. Je vais commencer le 22 janvier 2022 le cycle Découverte du Bouddhisme. Il y a trois ans, je ne me sentais pas prêt et j’avais beaucoup trop de travail. Cette fois-ci je vais aller de l’avant, et si ma bonne volonté s’allie à une meilleure compréhension, je pourrai peut-être un peu progresser.

 

Dans ce monde orageux et confus, j’ai pu reprendre un peu confiance en moi et grâce au Bouddha, retrouver par moments la si belle énergie du sourire juste. Je sais que c’est la régularité, pas à pas, qui va me permettre de me faire une image d’ensemble plus précise des choses que j’ai pu, peut-être, comprendre juste ici ou là. Cela me montre aussi que le Dharma devient peu à peu quelque chose que je ne peux plus mettre de côté : à force d’insister, je change même si c’est bien lent et si le tourbillon de la vie et de ses sensations freine cette recherche. Changer, cela demande du temps et les freins que je tricote n’arrangent rien. J’ai souffert et je souffre encore parfois de toutes sortes d’addictions, d’anxiétés et d’un manque d’estime de moi ancien, très fort et envahissant. J’ai longtemps pensé les subir mais le Bouddha me fait comprendre par ses enseignements que c’est moi seul, au fond, qui les entretiens.

 

Et tu aides aussi le centre de temps en temps ?
Oui. Dès mon premier contact avec Vénérable Élisabeth, j’avais proposé mon concours, surtout en termes de logistique. Si j’ai pu aider ici ou là, je n’ai pas l’impression pourtant d’avoir fait grand-chose mais je l’ai fait de tout mon cœur ! Dans notre monde très égocentré, c’est extraordinaire cette idée de compter sur le bénévolat. Je garde un souvenir merveilleux de chaque contribution offerte à notre groupe, de l’énergie partagée et de ce sentiment d’utilité et de bien-être. C’est le rayonnement du Centre et de ses intervenants qui me donne envie / besoin de faire plus. Quand je pense à chacun d’entre-eux je n’éprouve que gratitude !

 

J’aimerais en particulier faire venir jusqu’à nous un mur d’ardoises gravées de mantras, créées par des sculpteurs qui travaillent aux pieds de la résidence de Sa Sainteté et qui récitent les mantras tout en travaillant. J’éprouve un profond respect pour ces œuvres de ferveur. J’espère pouvoir me rendre à Dharamsala en mars prochain pour rencontrer les sculpteurs et leur passer une commande sur la base d’une somme d’argent que je mets de côté. C’est Vénérable Élisabeth qui décidera où les arranger à Saint-Cosme. Ce sera un très beau moment.

 

Comment vois-tu l’avenir ?

Le Centre est essentiel (dans tous les sens du terme…) C’est un refuge où tous les participants regardent dans la même direction, sans se juger les uns les autres. Un réceptacle où la compréhension se libère ! À Paris ou à Saint-Cosme, ce sont les seuls endroits où j’éprouve un sentiment de lâcher-prise et de joie spontanée. À mon niveau, je veux essayer de contribuer à faire perdurer cela. Quiconque donne, même un petit peu, donne tout, si le cœur est présent.