"En essence, il n'y a qu'une religion", par Franck

 

 

“Bouddha et Jésus sont des frères”, nous a révélé le Vénérable Thich Naht Hanh. Et selon moi, les querelles religieuses ne sont que des querelles d’egos. Progressivement, j’ai développé la conviction (désormais inébranlable) qu’il n’existe qu’une seule religion. Mais pour la ressentir comme une évidence, il m’a fallu ouvrir l’esprit… et le cœur.

 

franck 0921 3Si je reste à un niveau superficiel, simplement au niveau des apparences, alors bien sûr les différences entre les religions crèvent les yeux : des dieux différents, des lieux différents, des notions différentes, des pratiques différentes… et même au sein de chaque religion, des courants différents.

 

Pourtant, en prenant de la hauteur et en ouvrant mon esprit, je suis progressivement arrivé à une intuition qui désormais, ne souffre plus le moindre doute. En essence, les religions ne sont pour moi qu’une et une seule. Il n’y a pas la moindre différence entre elles. Les différences apparentes ne sont logées que dans mon esprit ordinaire, le petit ego qui croit devoir toujours tout définir, tout commenter, tout évaluer, tout juger. 

 

En revanche, il y a des formes de religion. Différentes manières de la présenter ont été fournies aux êtres, simplement parce que le parcours de chacun est différent. Une forme de religion peut ainsi coller à la personnalité de chacun, sa culture propre, son continuum propre. À toi le protestantisme, à toi le shivaïsme, à toi le sunnisme, à toi l’athéisme humaniste…

 

Et puis il y a la question du dieu créateur. Pour moi, l’existence ou pas d’un dieu créateur n’est vraiment, vraiment pas un problème. Il m’est évident que des énergies qui me dépassent ont un pouvoir de contrôle auquel je ne peux pas me mesurer. Quand on posait au Bouddha historique des questions hautement métaphysiques, du genre “Est-ce que Dieu existe ?”, le Bouddha ne répondait pas. Et un jour, il a eu cette citation pour le moins troublante [Sutta Pitaka, III ; Samyutta Nikâya] : “Ainsi en est-il des choses que j’ai découvertes et que je ne vous ai point déclarées. Et pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Parce qu’elles ne conduisent pas à la délivrance de la souffrance”. À mon sens, le discours du précieux Maître ouvre le champ de tous les possibles ultimes. 

 

Selon moi, les religions et les spiritualités authentiques n’ont qu’un message : développer la sagesse et l’amour. Ce leitmotiv me comble. Et il me suffit. Ainsi, même si je chemine sur la voie des Bouddhas, je me laisse tout autant inspirer par Jésus, Mahomet, la Torah ou la Bhagavad-Gita.

 

Les journées inter-religieuses co-organisées par le Centre Kalachakra sont des opportunités formidables pour découvrir l’authenticité de la croyance de l’autre, partager tout ce qui nous rassemble et ignorer ces apparences de différence qui ne sont qu’une tromperie supplémentaire de l’ego.

 

Franck