Le billet de la directrice - janvier 2022

 

11Chers amis du Dharma,

La fin de l’année 2021 approche, et c’est un moment adéquat pour faire le bilan ; non pas un bilan comptable mais un bilan de notre comportement. Avons-nous pensé un peu plus aux autres qu’à nous-mêmes cette année ? Avons-nous davantage de compassion vis-à-vis de notre entourage par rapport à l’année dernière ?

Si nous pouvons répondre positivement à ces questions, alors 2021 aura été une très bonne année, ce qui peut donner lieu à une grande réjouissance. Nous devons prendre la décision de continuer dans la même direction.

Si c’est le contraire, alors nous ne devons pas nous décourager et nous engager pour 2022 à faire les progrès nécessaires. Nos maîtres nous montrent la Voie pour développer nos qualités d’amour et de compassion, développer ce précieux esprit d'Éveil et prendre soin des autres. 

Sans cet esprit d'Éveil, nous ne sommes pas sur la Voie du bouddhisme mahayana et nous devons tout faire pour l'intégrer à notre être intime, afin qu’il transparaisse dans toutes nos activités.

 

Cette fin d’année est également un grand moment de réjouissance. Tous nos remerciements à notre Guéshé résident Dakpa Tsoundou pour tous les enseignements et les transmissions qu’il nous offre inlassablement avec gentillesse et patience tout au long de l’année. Un grand merci également aux enseignants du centre, traducteurs, donateurs et bénévoles. Toutes ces personnes permettent au centre Kalachakra d’exister, de diffuser le Dharma et de répondre aux souhaits de notre précieux directeur spirituel, Lama Zopa Rinpoché.

 

Toute l’équipe du centre et moi-même vous souhaitons un joyeux Noël et (en avance) une très bonne année 2022. Puisse cette nouvelle année vous apporter santé, paix et bonheur. Puisse-t-elle favoriser la libération de la souffrance de tous les êtres.



Elisabeth

La retraite de Vajrasattva, par Elio

vajra retraite

 

" La dernière retraite de Vajrasattva que j’ai eu le plaisir d’animer s’est déroulée mi-novembre à St-Cosme, avec toute la logistique efficace de l’équipe du centre de retraite pour prendre soin des participants sur le plan matériel, afin que, libérés des soucis du quotidien, ils puissent se concentrer sur la pratique spirituelle.

Pour le modeste « guide » que j’ai prétendu être pendant cette courte période, c’est à chaque fois un challenge que de mettre ensemble un groupe de personnes différentes, avec des niveaux de connaissance du bouddhisme différents ; certains sont déjà bouddhistes, d’autres sont sympathisants, certains ont l’initiation, d’autres non. Cependant, pendant ces quelques jours, nous parcourons tous le même chemin, en même temps, vers le même but.

On a souvent coutume de dire que la pratique de Vajrasattva c’est un peu comme une grosse lessive pour éliminer le karma négatif, et pour certains cela peut sembler rébarbatif. Mais cette pratique est bien plus que cela. Dans la sadhana il nous apparaît « brillant comme la lumière de cent mille lunes réfléchies sur des montagnes enneigées », et en ce qui nous concerne, notre nature profonde est cela, la lumière de la sagesse et de la pureté. Le but de la retraite c’est de trouver peu à peu les clés pour révéler cette nature extraordinaire. Si nous avons bien en mémoire cette finalité, alors rien n’est rébarbatif dans le parcours.

Dans cette pratique dont les textes nous viennent de Lama Yeshé et de Lama Zopa Rinpoché, il y a deux aspects qui vont vers le même but :

- l’aspect « curatif » qui consiste à réparer les conséquences des actes négatifs déjà commis, en neutralisant par le biais des trois forces d’opposition que sont le regret, le refuge et le remède, les potentiels d’expériences négatifs que ces actes ont créés,

- et l’aspect « préventif » en se donnant, par la pratique de la force de la résolution, les moyens pour ne pas reproduire dans le futur ces mêmes actes négatifs.

Dans cette retraite, nous avons approché ces deux aspects par des méditations, des prières et des mantras. Cette retraite était ouverte à tous, indépendamment de l’initiation qui normalement est nécessaire pour entreprendre les pratiques tantriques. Les textes comprennent les instructions spécifiques pour les personnes sans initiation, afin que tout le monde puisse mettre à profit cette pratique puissante et entreprendre le chemin de transformation.

           La prochaine retraite de Vajrasattva est prévue début juillet 2022, et à cette occasion, nous essaierons d'affiner notre approche de la nature ultime de la réalité. Parce que par méprise nous développons l'idée erronée d'un moi qui est une illusion, et une perception des phénomènes externes également erronée prenant pour réel ce qui n'est que mirages. Ainsi, du fait de cette double méprise c'est un peu comme si une illusion court après des mirages. Dans cette course vaine nous faisons des actes parfois négatifs et produisons le karma négatif qui nous enchaîne dans le samsara. Nous avons donc besoin d'apprendre à ne pas tomber dans le piège des apparences par des méditations appropriées, basées également sur le calme mental selon les conseils de Lama Tsong Khapa :

  « Veuillez me bénir afin qu’ayant apaisé les distractions envers les objets incorrects 

Et analysé correctement le sens de la réalité, 

Je fasse naître rapidement dans mon continuum mental 

La voie qui unit le calme mental et la vue profonde. »

 

Ceci est le préliminaire indispensable pour s’entraîner à la pratique du vajrayana, donc des tantras. Nous essaierons donc de déceler ces différents aspects pour pratiquer la quatrième force d’opposition, la force de la résolution."

Elio

Paroles de Maître, le Dalaï-Lama

 

"L'âge de la femme", par Matthieu Ricard le 2 juin 2012

 

dala2Lors d’une visite à Yeunten Ling, un centre bouddhiste renommé à Huy (Belgique), Sa Sainteté a parlé du rôle des femmes dans la société :

« Les tribus nomades qui vivaient de chasse ou de cueillette étaient des sociétés égalitaires non régies par des chefs. Puis vint l'âge de l'agriculture sédentaire et le début de l'accumulation des richesses. Des fauteurs de troubles se manifestèrent et il devint nécessaire de faire appel à des chefs pour maintenir l'ordre. La force physique étant essentielle à cet égard, la domination des mâles s'instaura.

« Puis vint l'âge de l'éducation, de l'intelligence et de la raison, autant de domaines dans lesquels la femme et l'homme sont égaux. Bien qu'il reste de grands progrès à accomplir, nous sommes à présent entrés dans l'âge de l'égalité entre hommes et femmes.

« Si l'on veut préparer l'avenir, il semble bien que la qualité suprême, celle dont la société a le plus besoin, est l'altruisme, la disposition à prendre soin des autres et à être concerné par leur sort. Or, les femmes sont naturellement plus disposées à la sollicitude et à la compassion que les hommes.Cela vient sans doute originellement de l'instinct maternel qui les pousse à être attentionnées à l'égard de l'enfant qui dépend d'elle, à se demander s'il souffre, s'il a soif, à être plus encline que l'homme à prodiguer affection et compassion. Placés devant la nécessité de favoriser le développement d'une société plus altruiste, il semble donc souhaitable d'entrer désormais dans l'« âge de la femme ». Pour ma part, je me considère donc comme un « féministe. »

Lorsque le Dalaï-lama exposa le même point de vue à la conférence de la Paix de Vancouver en 2009, à laquelle participaient cinq femmes prix Nobel de la Paix, Mary Robinson, première présidente femme de l'Irlande et ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, commenta : « Si je me dis féministe, ça ne surprend personne. Mais si le Dalaï-lama se dit féministe, voilà qui frappe vraiment les esprits ! »

Le Dalaï-lama ajoute fréquemment que s'il s'avère que ce temps viendra où les femmes exerceront une influence plus grande dans la société, un prochain Dalaï-lama non seulement pourrait être une femme, mais devrait l'être.🙏

 

Pourquoi et comment je cultive la méditation en action

 

La méditation ne se limite pas au temps passé sur le coussin. Pour moi, c’est un art de vivre, générateur de bienfaits sans limites, pour soi et pour autrui. Un jour, j’ai souhaité laisser tomber de vieux schémas générateurs de souffrance et opter pour de nouveaux comportements. J’ai découvert leurs conséquences bénéfiques, et aussi qu’ils s’auto-entretennaient sous la forme de cercles vertueux. Voici quelques trucs que je mets en œuvre au quotidien pour méditer dans l’action !



franck 0921 3Je me lève du coussin de méditation : euh, je fais comment maintenant ?

La méditation assise, c’est chouette. C’est vraiment super chouette. Du calme, de la sérénité, des investigations constructives favorisant la sagesse et la compassion. Et puis vient le “gong” qui sonne la fin de session. Mine de rien, ce moment est crucial car il me ramène au monde : ma relation ordinaire avec moi-même, avec les autres, avec l’environnement. Alors je fais comment ? Est-ce que je reprends des habitudes toxiques empreintes de colère, d’avidité, d’ignorance, de désir/attachement, de jalousie et d'orgueil (vous apprécierez au passage mon survol des six mondes !) ? Cela sert à quoi si le travail intérieur ne se concrétise pas dans la matière ?

 

Cultiver à tout moment les bienfaits de la méditation

J’ai très vite découvert les bénéfices de la pratique, et j’ai aussi expérimenté le décalage entre l’état d’esprit méditatif et l’état d’esprit ordinaire. La différence est parfois frappante entre la sérénité que favorise la méditation, l’étude ou le rituel, et l’agitation qui anime souvent l’activité de tous les jours. Alors, conformément aux recommandations des maîtres, je me suis mis à instiller de la pratique dans la plupart de mes activités. Aujourd’hui, je tente de méditer à tout moment, du matin au soir... et peut-être un jour, la nuit.

 

Projet H24 : l’attention au corps et au souffle

Concrètement, qu’ai-je mis en place ? C’est beaucoup plus simple à écrire qu’à mettre en œuvre au quotidien. Mais je fais de mon mieux. Au lieu de laisser mon esprit s’agiter dans des pensées qui remuent un passé complètement révolu ou un hypothétique avenir, je pratique autant que possible ainsi : 

 

  • une petite prière dès le réveil, souhaitant que ma pratique soit régulière toute la journée, pour le bien de tous ;

  • la sensation du contact des pieds au sol à chaque fois que je marche ;

  • l’attention aux mouvements du corps quand je prends ma douche, que je me lave les dents, que je fais la vaisselle…

  • des repas savourés en silence et en présence, dans la gratitude ;

  • tout au long de la journée, des rappels ponctuels à l’attention, ainsi que des constatations bienveillantes que j’ai été absorbé par une pensée ;

  • une petite prière au coucher, suivi d’un rapide balayage corporel ;

 

Exit les cercles vicieux, hello les cercles vertueux

Durant mes précedentes “années folles”, je croyais avoir tout compris au bonheur en me complaisant dans les excès. Et je préférais oublier leurs conséquences néfastes en me livrant à de nouvelles folies... Quelques années (de souffrance) plus tard, je me suis soudainement réveillé. Depuis, le schéma s’est complètement inversé. Les bienfaits de la pratique apportent une joie et une transformation immenses, porteuses d’un surcroît de motivation, elle-même génératrice du développement de la pratique. C’est super chouette aussi, la méditation à chaque instant !

 

Franck