Rencontre avec Michelle

Michelle est une étudiante de longue date de la FPMT. Elle guide la méditation du lundi matin et va mener une retraite cet été à Saint-Cosme.

- Raconte-nous un peu ton histoire !

- Je suis arrivée en novembre 1978 au monastère de Kopan au Népal (où la FPMT a commencé) en provenance du Japon, c’était un choc des cultures ! C’est là que j’ai rencontré Élisabeth qui traduisait les puissance 3enseignements pour le groupe de français. J’ai vécu 5 ans et demi entre l’Inde et le Népal, ne rentrant en France qu’un court temps en 1980 pour travailler. J’ai suivi tous les enseignements possibles, pris toutes les initiations, fait toutes les retraites (rires). C’était une période charnière car plusieurs des grands maîtres de l’époque ont quitté leur corps dans les années 80.

Aussitôt après le cours de Kopan, j’ai suivi les 3 mois de retraite de Dorjé Sempa à Tushita, Dharamsala et les 100.000 prosternations à Bodhgaya. En 1984, suite à la mort de Lama Yéshé, j’ai fait pendant plusieurs mois à Kopan la pratique de Dordjé Sempa qui s’est déroulée un an durant, 24 heures sur 24, au Népal, aux États-Unis et en Espagne.

Après trois mois à Lawudo, je suis rentrée en France en février 1985 avec des dettes et de gros problèmes de santé, au moment même où naissait Ösel qu’on reconnaîtra plus tard comme la réincarnation de Lama Yéshé.

J’avais demandé fin 1984 à Lama Zopa Rinpoché des conseils pour mon retour, car j’avais deux amis, alors directeurs de Vajra Yogini, qui me poussaient à les rejoindre. Pragmatique, il m’avait répondu « mais il faut que tu travailles, non ? » Par ailleurs, il m’avait conseillé d’étudier. J’ai donc vécu à Nantes, un peu à l’écart des centres FPMT. 

En plus de mon job avec des ados, psychotiques surtout, j’ai accompagné les malades du sida, c’était une période où ils tombaient comme des mouches. Puis j’accompagnai ma mère pendant toute sa fin de vie.

À mon retour et pendant quasiment 40 ans, j’ai participé aux traductions du Dharma en français en lien avec les éditions Vajra Yogini. À l’époque, tout était en anglais et il y avait une urgence à traduire Sa Sainteté, Lama Yéshé, Lama Zopa Rinpoché… J’ai aussi consacré dix ans de ma vie à promouvoir le Projet Maitréya et à organiser la Tournée des Reliques en France, sur les bons conseils d’Élisabeth.

Je suis toujours venue à Kalachakra quand il y avait des grands lamas, en particulier bien sûr pour Sa Sainteté, Lama Zopa, Tcheudèn Rinpoché... 

Je venais juste de prendre ma retraite quand le premier PEBA a commencé à Paris. C’était un grand cadeau, et l’occasion de créer des liens avec les parisiens. Le samedi soir, je dormais dans la gompa au pied des Bouddhas avec Détchèn, c’était très agréable ! (rires)

- Tu es impliquée dans quoi au centre ?

- Pendant une retraite avec Rinpoché au centre Lama Tsongkhapa (Italie) il y a 4 ou 5 ans, un après-midi, d’anciens étudiants de la FPMT ont raconté leurs souvenirs des jours heureux avec Lama Yéshé, et j’ai mesuré qu’on n’était plus beaucoup à avoir vécu ça. Je me suis dit que c’était dommage de mourir sans avoir un peu partagé, témoigné de tout ce que j’avais reçu. J’ai parlé à Vénérable Élisabeth de ce désir de faire passer quelque chose en dirigeant des retraites. C’était aussi une façon de remercier Kalachakra pour tout ce que j’avais reçu. Ayant été certifiée du PEBA, j’ai fait la démarche pour être acceptée comme enseignante. 

C’est le confinement et zoom qui m’ont permis de guider les méditations du matin et j’en suis très heureuse et reconnaissante. Du coup, une fois par semaine, je guide la petite demi-heure du lundi. L’idée s’est imposée à moi qu’elle tournerait autour du Lamrim. J’y pense toute la semaine, mais sans prendre de notes car le sujet m’habite. C’est exigeant, stimulant et nourrissant. Le jour même, c’est comme si je tirais un fil, je suis souvent surprise de ce qui surgit. C’est un format très court, parfait pour lancer la journée. Vu la lourdeur de la situation actuelle, j’ai adopté un parti pris positif en mettant surtout l’accent sur la précieuse existence humaine, notre potentiel, nos ressources, tous les possibles, la lumière, la joie, l’amour, l’ouverture du cœur… Je m’appuie sur ce qui marche pour moi.

Si tout va bien, j’animerai en juillet une retraite sur les pratiques préparatoires. C’est Vén. Elisabeth qui me l’a suggéré. L’idée est de donner les bases d’une pratique bouddhiste quotidienne dans le beau cadre de Saint-Cosme, de proposer une expérience. C’est à la fois une initiation pour des personnes nouvelles qui veulent découvrir ces pratiques et l’occasion pour les plus expérimentés de pratiquer ensemble pendant quelques jours. 

Lama Yéshé disait qu’au départ, on a besoin de pratiques purificatrices pour éliminer les obstacles les plus grossiers, sinon on se décourage à la première difficulté et on abandonne. C’est pour ça qu’on fait les prosternations ou Dordjé Sempa, pour aplanir un peu le terrain ! Mais pour nous occidentaux, qui sommes pleins de culpabilité judéo-chrétienne, il faut faire attention de ne pas trop réveiller le « pécheur » quand on parle de purification. La haine de soi, le sentiment de non-valeur ne sont jamais une aide sur le chemin. Il me semble donc important de restaurer en parallèle l’image de soi. Les pratiques d’offrande d’eau, par exemple, ouvrent le cœur et dégagent une énergie de joie essentielle. On peut s’appuyer sur cela pour regarder ensuite ce qui ne va pas, ça doit marcher de concert. 

Par ailleurs, faire des tsatsas (figurines de plâtre) nous permet d’être inspirés par les images de Bouddha, et je crois que cela nous replonge aussi en enfance. C’est étonnant à quel point c’est apaisant.

- Quels sont tes projets pour l’avenir ?

- À ce stade de ma vie, j’ai très envie de témoigner, de partager ce que j’ai reçu et un peu intégré (même si ce n’est pas beaucoup par rapport à des tas de gens). Je suis disponible, prête pour ce qui se présentera. Et puis, j’espère continuer d’approfondir ma pratique pour être prête le jour J, héhé !

Des nouvelles du jardin-forêt au centre de retraite

20210505 172359Le calme est revenu dans la forêt après le travail de l'équipe des bûcherons en mars. Rassurez-vous, ils n'avaient coupé que du bois déjà au sol ! Le changement climatique impacte aussi notre petit coin de Sarthe : la chaleur estivale de mars a été suivie d'une sécheresse puis d'un grand froid qui a gelé les jeunes fleurs des fruitiers. Une certaine douceur est revenue fin avril ; elle a réveillé nos semis et nous a encouragés à rencontrer des pépiniéristes.

Trois jeunes arbres (un orme, un bouleau et un érable) ont été plantés. Il a fallu les protéger de la gourmandise des lapins et des chevreuils. Car il faut savoir que les forêts, les prairies riches en plantes sauvages et la zone humide sont autant de refuges pour les animaux. On assiste aussi au retour en nombre des oiseaux migrateurs.
Le jardin des plantes aromatiques et médicales pousse modestement (par manque de pluie) mais sûrement : ciboulettes, sauge, romarin, mélisse... et nous nous apprêtons à cueillir le tilleul.
En juin, nous espérons poursuivre avec vous de nouvelles activités en forêt, afin de donner vie à des chemins et des espaces de méditation, dans le respect des êtres vivants qui peuplent cette zone naturelle, et pour que grandissent nos actions qui prennent soin de la planète.

Si vous voulez aider le projet, vous pouvez apporter lors de vos retraites des plantes, des boutures, des arbres ou des arbustes, si possible comestibles. Il est aussi possible de parrainer des plantations d'arbres. Nous en prendrons soin !

François et Marie Christine

Paroles de maîtres, le Dalaï-Lama

dalai lama 2244829 960 720

"À l’occasion de la Journée de la Terre 2021, j'invite mes frères et sœurs du monde entier à examiner les défis et les possibilités qui s'offrent à nous sur cette planète bleue que nous partageons.

Je plaisante souvent à propos de la lune et des étoiles qui sont somptueuses, mais si un de nous vivait sur l’une d’entre-elles, il serait malheureux. Notre planète est un habitat délicieux. Sa vie est notre vie, son futur est notre futur. En effet, la terre agit comme une mère pour nous tous. Comme des enfants, nous sommes dépendants d’elle. 

Face à des problèmes mondiaux comme le réchauffement de la planète et l’appauvrissement de la couche d’ozone, une seule organisation ou une nation isolée est impuissante. À moins de travailler tous ensemble, aucune solution ne peut être trouvée. Notre mère la terre nous apprend une leçon de responsabilité universelle.

Prenons par exemple le problème de l’eau. Aujourd’hui plus que jamais, le bien-être des citoyens de nombreuses régions du monde, en particulier des mères et leurs enfants, est extrêmement menacé par le manque critique d’eau, d’installations sanitaires et de conditions d’hygiène adéquates. Il est préoccupant de constater que près de deux milliards d’individus dans le monde sont concernés par l’absence de ces conditions essentielles à la santé. Ce problème peut pourtant être résolu. Je suis reconnaissant au Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, d’avoir lancé un appel mondial urgent à l’action.

L’interdépendance est une loi fondamentale de la nature. L’ignorance de l’interdépendance a blessé non seulement notre environnement naturel, mais également la société humaine. Nous devons donc développer une meilleure compréhension de l’unité de l’humanité. Chacun d’entre-nous doit apprendre à travailler non seulement pour lui-même, pour sa famille ou son pays, mais aussi pour le bien de tous. À cet égard, je me réjouis que le président Joe Biden accueille cette année un sommet des dirigeants sur le climat, à l’occasion de la Journée de la Terre, afin de discuter d’une question qui nous concerne tous.

Si nous voulons assurer la pérennité de notre planète, l’éducation environnementale et la responsabilité individuelle doivent croître en permanence. Prendre soin de l’environnement devrait être un élément essentiel de notre vie quotidienne. Mon propre éveil à l’environnement n’a démarré que lors de mon exil, quand j’ai rencontré un monde très différent de celui que j’avais connu au Tibet. Ce n’est qu’alors que j’ai réalisé à quel point l’environnement tibétain était pur, et que le développement matériel du monde moderne avait contribué à la dégradation de la vie sur la planète.

En cette Journée de la Terre, engageons-nous à changer de manière constructive notre comportement vis-à-vis de notre maison commune, cette magnifique terre. 

Avec mes prières, 

Dalaï-Lama"





Le billet de la directrice - juin 2021

 

Chers amis du Dharma,

Avec le retour du beau temps et de la chaleur, le confinement et le couvre-feu prennent fin.11

C’est une grande joie de vous avoir retrouvés en présentiel dans notre centre de retraite puis à Paris. L'étude et la méditation à distance sur zoom ont été très bénéfiques à beaucoup d'entre-vous. Des pratiquants éloignés géographiquement ont pu participer à nos activités, et des enseignants du monde entier ont pu nous instruire de leurs connaissances pointues.

Nous avons reçu vos souhaits de continuer à diffuser nos programmes en distanciel en plus du présentiel. L’équipe du centre Kalachakra s’engage à continuer à proposer ses activités selon ces deux modes de participation dans la mesure du possible. Nous cherchons par ailleurs à optimiser l'ensemble des aspects techniques pour fournir ces services qui requièrent une certaine technicité.

Nous espérons également vous revoir nombreux durant nos rendez-vous de cet été à St-Cosme.

Joli mois de juin à tous !

Élisabeth

Emouna, l’amphi des religions à Sciences Po

FB IMG 1619366856863Emouna est un programme de formation à la connaissance et à la gestion des faits religieux et de la laïcité.

Dans l’histoire, les religions ont été des forces civilisatrices, porteuses d’humanité et de culture, de spiritualité et d’éthique. Bien qu’elles aient parfois aussi été dévoyées, elles gardent un fort impact sur l’actualité et demeurent un facteur essentiel de cohésion sociale.

Afin que, respectueuses des lois de la République, elles assument toute leur place dans une laïcité à la française riche de ses références culturelles, des représentants du judaïsme, du christianisme, de l’islam et du bouddhisme, dans leur diversité, ont conçu cette formation interreligieuse et laïque.

Le contenu du programme sera dispensé à la fois par des universitaires, des responsables religieux et des professionnels issus des secteurs public et privé. Il sera axé sur la connaissance des liens entre les religions et institutions françaises, la culture française et les enjeux du leadership : apprentissage de l’environnement politique et institutionnel entourant les pratiques religieuses, connaissance des différentes religions et de leurs traditions intellectuelles et rituelles, travail sur l’exercice de responsabilités dans le cadre d’une communauté religieuse.

La date limite pour candidater à la formation d’Emouna 6 est le 28 mai. Pour plus d’infos, consultez https://www.sciencespo.fr/emouna/formation/programme/