Un témoignage d'Évelyne, bénévole l'été dernier

 

z"Cet été, j’ai pu expérimenter une autre façon de fréquenter le centre de retraite de Saint-Cosme : par le bénévolat. Pendant deux mois, j’ai aidé notre cuisinière Anna et notre gestionnaire Magali pour accueillir les participants aux différentes retraites que proposait le centre. C'était beaucoup de travail (courses, ménage, épluchage des légumes, taxi...) mais une expérience d’une rare richesse. D’abord, l'extraordinaire travail d’équipe a permis de créer un lieu propice pour les retraitants (merci infiniment à Magali pour sa gestion tout en douceur et en compassion, ainsi qu'à Anna pour ses délicieux repas qui mettent du baume au coeur). Mais les moments de partage avec les différents groupes de retraitants ont aussi été enrichissants. J’ai découvert une autre manière de pratiquer le dharma, en étant à l’écoute des autres et en leur apportant tout ce dont ils avaient besoin pour pratiquer en toute quiétude.
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Après trois semaines de repos, j'ai été de retour au centre, cette fois avec Marion, dans le cadre d'un chantier qui devenait nécessaire : la réfection des tables de la salle à manger. C'étaient huit jours de ponçage et de vernissage, pour un résultat qui permettra je l'espère d'assurer de nombreux repas pour de nombreuses années. Merci à
Marion pour son efficacité et sa bonne humeur. Ce travail n’aurait pas pu être terminé à temps sans son aide. Cette expérience m’a enrichi et a enrichi ma pratique.

Si vous avez du temps, peut-être pourrez-vous venir découvrir le bénévolat par vous-même ? Cela en vaut la peine."


Évelyne

Le billet de la directrice - novembre 2021

 

11Chers amis du Dharma,

 

Un des projets qui nous tient le plus à cœur est la construction, loin de l'agitation de la capitale, de petites maisons au sein de notre centre de retraite de Saint-Cosme en Vairais, dans le verdoyant et très calme département de la Sarthe. Ces maisonnettes indépendantes et écologiques de 15 à 20 m² environ seront dites passives car leur consommation énergétique sera nulle ou très basse. Nous utiliserons les matériaux les plus écologiques possibles, sans négliger notre souhait de maintenir tout le confort nécessaire. Ces constructions offriront aux méditants un formidable soutien à leur pratique, notamment dans le cadre de retraites individuelles. L'entraide, la joie et le respect des préceptes de vie seront les maîtres mots de ce "village de liberté", comme l'a nommé lama Zopa Rinpoché.

Tout est encore à inventer pour ce projet d'envergure, et les personnes intéressées seront des éléments-clés dans son développement et son aboutissement. Nous recherchons des compétences pour nous aider dans cette aventure, notamment en architecture, en urbanisme ou en écologie. Si vous êtes tenté, venez rejoindre notre groupe de réflexion et d'action... Renseignez vous par e-mail :

Excellent début d'automne à tous ! 

 

Élisabeth

Rencontre avec Capucine

 

Capucine est étudiante de Découverte du Bouddhisme et elle aide le Centre Kalachakra de manière bénévole (propos recueillis par Arnaud).

 

signal 2021 09 23 141406Comment est ce que tu t’es retrouvée impliquée au Centre ?

 

J’ai découvert le bouddhisme en 2018 en lisant “Le moine et le philosophe” de Matthieu  Ricard et Jean-François Revel lors d’un voyage au Cambodge. Ça s'est fait un peu par hasard. C’est plus le côté philosophique qui m’avait fait choisir le livre mais ce que le moine disait m’a beaucoup parlé, plus que les propos du philosophe que je connaissais déjà car j’ai fait des études de philo. En rentrant, j’ai cherché un centre bouddhiste. Je n’ai pas senti le besoin de lire d’autres livres. Je voulais étudier. J’ai un peu tâtonné. J’ai visité des Centres zen mais ça ne me parlait pas car je cherchais plus du contenu que de la méditation. C’est resté en arrière plan pendant quelque temps. Pour Noël, mon père m’a offert un autre livre de Matthieu Ricard, un livre de photos, où le Centre Kalachakra était mentionné. J’ai vu sur le site du Centre que “Découverte du Bouddhisme” venait de commencer et je me suis inscrite. J’ai pris le train en route au module 3, “Présentation de la voie”. J’ai débarqué au Centre un samedi matin, un peu inquiète de ce que j’allais trouver. Dès que je suis rentré dans la gompa, un poids s’est enlevé. J’ai senti que j’étais au bon endroit. Quand François a commencé à enseigner, je me suis dit que c’était exactement ce que je cherchais. 

 

Pendant le confinement, je me suis impliquée dans d’autres activités comme les cycles de méditation de François puis des rituels fin 2020. Depuis la fin du confinement, je me suis beaucoup impliquée dans de nombreuses activités du Centre.

 

Tu es impliquée dans quoi par exemple?

 

Je suis en train de finir DB. Je vais à la méditation pour tous du mercredi soir. Pendant un an, j’ai participé à la méditation du matin mais maintenant j’essaie de mettre en place ma propre pratique. J’ai aussi commencé à aller en retraites. J’ai fait une retraite de Tara d’un week-end ainsi que la retraite sur la voie pendant une semaine avec François cet été. J’ai également commencé à participer aux rituels : celui de Lama Tsong Khapa en fin d’année dernière, et les journées spéciales de Bouddha. Je fais aussi les pratiques de Tara verte et Bouddha de la médecine quand je peux mais ce n’est pas pratique avec mes horaires.

 

Tu as aussi commencé à aider le Centre, tu peux en dire un peu plus ?

 

J’ai visité Nalanda en juin dernier et l’esprit de communauté là-bas m’a beaucoup inspiré. Quand j’ai vu l’appel au bénévolat du Centre, j’ai répondu. Je n’habite pas loin du Centre et j’avais vraiment envie d’aider. Je me suis proposée pour le ménage. J’aime l’idée d’une activité physique qui sert au Centre et aux autres. Ensuite, j’ai répondu aux sollicitations : tenir le stand du festival Himalaya, aider pour l’envoi des e-mails de rappels des enseignements sur zoom ou à la technique lorsque des enseignants invités enseignent en ligne…

 

Comment tu vois l’avenir ?

 

Après DB, je vais commencer le PEBA en janvier. Ensuite, j’aimerais faire le PEBA en résidentiel à Nalanda qui démarre début 2023 et dure 5 ans. Ça me fait vraiment plaisir d’être impliquée dans le Centre et de participer à le faire vivre pour rendre tout ce qu’il m’a apporté.




"Allo, SOS Dharma ? Je me suis fait manipuler toute ma vie !", par Franck

Vous aimez les confidences ? Car je vais vous révéler un secret. Un grand secret. Vraiment intime. Je me suis rendu compte que je me suis fait abuser, exploiter, rouler dans la farine… et cela depuis toujours ! Et j’irai plus loin : il s’agit ni plus ni moins d’une odieuse emprise. Et fière, sans état d’âme par-dessus le marché. Je dois regarder les choses en face : j’ai été un esclave. C’est une chose de s’en rendre compte, c’en est une autre de pouvoir briser ses chaînes...

 

 franck 0921 3Moi, libre ? Laissez-moi rire !

Toute ma vie j’ai cru que j’étais libre de faire et de dire ce que je pense. “Freedom”, chantait George Michaël… tu parles ! Je n’ai jamais été libre. On m'a imposé ma manière de voir, de penser, de dire et de faire. On a imposé mes propres sensations, on a imposé mes propres perceptions, on a imposé mes propres formations mentales, on a imposé l’état de ma propre conscience (les agrégats, ça vous dit quelque chose ?)

Quels ont été les effets de cette emprise, de cette horrible magouille mentale ? J'ai dit et j’ai fait vraiment n'importe quoi. Des paroles pitoyables, des mensonges éhontés. Et des actions en dépit du bon sens, par centaines, par milliers, par millions. Et les conséquences, me direz-vous ? Elles sont douloureuses : un nombre incalculable de souffrances, à la fois pour moi et pour autrui. Un diagnostic vraiment navrant, non ? 

J'imagine votre compassion à mon égard, et je vous en remercie. Ça fait chaud au cœur. Mais votre bienveillance ne peut pas m’aider… Car l’odieux responsable de tous ces malheurs, ce démon manipulateur n’est autre que le mental, l’ego.  

Responsable, mais pas coupable

Ouh le vilain. Il n’a jamais cessé de m’imposer des pensées. De jour comme de nuit, à chaque instant ou presque. Par ailleurs, face aux événements de la vie, il m’a fait y réagir sans me laisser de libre-arbitre. Peur, colère, saisie, avidité, jalousie, orgueil... j’en passe et des pires. Il a ainsi favorisé toutes ces émotions perturbatrices sources de souffrance et de karma à venir.

Je ne sais pas pour vous, mais je ne trouve pas cela normal. Pourquoi des pensées surgissent-elles sans que je les ai sciemment sollicitées ? Pourquoi est-ce que je me gratte la nuque de manière mécanique quand je me sens dans l’embarras ? Pourquoi m’arrive-t-il de ressentir une oppression dans la poitrine alors que je n’ai pas de problème de santé avéré à cet endroit ? 

Brûler les voiles… pour retrouver la (vraie) liberté

Voilà la raison qui me fait suivre le chemin bouddhiste avec autant d’enthousiasme. Acquérir la maîtrise de l’esprit. Voilà un challenge qui en vaut vraiment la peine, non ? Alors, en route pour triompher de l’illusion et atteindre la libération juste, dans un esprit de compassion et de sagesse vis-à-vis du mental, avec lequel il faut composer. 

D’ailleurs, à propos de l’ego, Lama Yeshe a dit : “Reconnaissez-le quand il apparaît, puis démystifiez-le.” Quant à la magnifique citation suivante, son auteur n’est autre que le Bouddha Shakyamuni (dans le Dhammapada) : 

De celui qui dans la bataille a vaincu mille milliers d’hommes

et de celui qui s’est vaincu lui-même,

c’est ce dernier qui est le plus grand vainqueur.

Bon, assez de bavardages… je retourne à mon plan B… comme Bouddha.

Franck