4 rendez-vous à ne pas manquer dans les semaines qui viennent !

  • La mini-retraite sur la voie à Paris (et en ligne) le dimanche 21 mars : François guide une journée de méditations en mettant un accent spécifique sur les “4 Nobles Vérités”, ce qui cause la souffrance et comment on peut y mettre un terme. La journée alternera méditations de placement et analytiques. Pour participer en ligne, vous pouvez vous inscrire ici : https://us02web.zoom.us/meeting/register/tZMpf-6vqzwqHNe7SfRLGyDdRrG0NwWurKZI
  • “Pratiquer Vajrasattva” avec Guéshé Dakpa Tsoundou le dimanche 28 mars : Si l’initiation de Vajrasattva est régulièrement donnée, c’est rare d’avoir des explications sur la pratiquer de la sadhana d’un point de vue tantrique. Si vous avez reçu l'initiation de Vajrasattva, ne ratez pas cette occasion de pouvoir écouter Guéshé-la sur le sujet, lui poser des questions et pratiquer avec lui.
  • L’atelier de découverte de la kundalini et du yin le samedi 3 avril au matin : un avant-goût de la retraite qu’Isabelle Sherpa, la nièce de Lama Zopa Rinpoche, va guider cet été. Elle présentera des pratiques de yoga pour explorer l’énergie du printemps.
  • “Pourquoi la vie est-elle si compliquée ?” avec Vénérable Amy les 9, 10 et 11 avril : une opportunité d’entendre une des enseignantes très appréciées de la FPMT éclairer les enseignements bouddhistes, avec son approche très pratique et inspirante. Pour participer en ligne, vous pouvez vous inscrire ici : https://us02web.zoom.us/meeting/register/tZEkcOmopj8iH9T2apVxBEKJ_t-d_itQed1t

Pour en savoir plus sur ces événements et connaître le reste du programme, vous pouvez accéder au calendrier global ici ou à l’agenda du centre ici.

Notre programme d'avril 2021

 

Programme avril 2021

“Big Love” : Morceaux choisis - Première partie 

Chaque année à l’aube du Losar, le nouvel an tibétain, on célèbre la mort -ou l’entrée en parinirvana, pour reprendre la formulation bouddhiste- de Lama Thoubtèn Yéshé, créateur de la FPMT. Lors de la dernière remémoration au Centre Kalachakra a été évoquée sa biographie. Sortie cette année, elle pèse environ 4kg et est intitulée Big Love. C’est un ouvrage absolument déterminant qui a demandé plus de 20 ans d’élaboration. Sa traduction en français, si elle se réalise un jour, nécessitera des années. Après avoir obtenu l’autorisation de l’éditeur, Vén. Élisabeth a suggéré de vous en offrir chaque mois un extrait dans Kalachakra info. 

Ce premier extrait dévoile les traits de caractère originaux de “Lama”, ainsi que les raisons qui ont fait que cet étudiant extrêmement brillant du monastère de Séra n’a jamais passé son examen de guéshé (titre universitaire au terme d’une bonne vingtaine d’années d’études), pour privilégier la méditation. Les faits se déroulent dans le camp d’internement de Buxa, une ancienne prison britannique qui a regroupé les moines tibétains fraîchement exilés et dans laquelle les conditions de vie étaient telles que beaucoup y sont morts ou ont attrapé des maladies (tuberculose, dysenterie, …)

 

Une décision inhabituelleLamaYeshephoto

Quelque temps après s’être établi à Buxa, Thoubtèn Yéshé, l’étudiant modèle, se mit soudain à concevoir des idées inhabituelles. Plus tard, il s’en expliqua ainsi : 

« Au Tibet, j’avais fait une formation en philosophie et de nombreuses études mais j’avais eu très peu de temps pour les digérer toutes. Quand j’arrivai à Buxa, je décidai que je voulais m’isoler pour faire davantage de retraites. Pendant pratiquement cinq ans, je ne fis que cela. Je cessai de m’impliquer dans les études, pensant que la vie était tout simplement trop courte. Je pensais : ‘Maintenant je suis dans ce lieu inconnu et il se peut bien que dans quelques mois, moi aussi, je me volatiliserai.’

Mes amis remarquèrent que je ne suivais plus les cours. Ils me suppliaient de continuer mes études mais je leur répondais que cela ne m’intéressait pas. Ils étaient vraiment choqués. Ils disaient que je faisais une erreur mais ils n’ont jamais pensé que j’étais motivé par la paresse. Djampa Gyatso et d’autres de ma classe venaient dans ma chambre me demander de renoncer à ma retraite, mais la retraite était ce qu’il me fallait faire. Personne d’autre ne pouvait connaître mes besoins. Dans le dortoir, nous étions lit contre lit, et certains avaient l’envie de parler encore et encore. Parfois, j’avais l’impression de suffoquer. Parfois même, je m’échappais dans la jungle.

En fait, dans la plupart de mes grandes décisions, mes amis m’ont toujours conseillé le contraire de ce que je désirais faire. Je suppose que je suis têtu ou sceptique ! Mais j’ai aussi le sentiment d’avoir une compréhension intellectuelle intuitive. Dans ma tête, je me sentais sûr de moi, tout était clair et net. Je n’avais aucun regret, aucune culpabilité concernant ma décision mais c’était révolutionnaire de renoncer à ses études. En effet, après réflexion, quand je sens que quelque chose est juste à cent pour cent, rien ne peut m’arrêter. C’est mon caractère. Il ne s’agissait pas du tout de choisir un style de vie plus aisé. Donc j’ai simplement laissé tomber [les études]. »

À cette période, la classe de Thoubtèn Yéshé commençait à étudier le Vinaya, les règles de vie monastique. C’était une démarche totalement anti-conventionnelle pour un moine formé aux conventions depuis l’âge de six ans que de sauter les études du Vinaya. Ceci dit, dans la pièce adjacente à la sienne, un jeune moine récitait chaque nuit le Vinaya à voix haute, Thoubtèn Yéshé l’écoutait tout en réfléchissant profondément à sa signification.

Guéshé Sopa, l’un de ses maîtres, apprit un jour avec joie que Thoubtèn Yéshé avait survécu à l’exil. Voici ce qu’il raconte : 

« Thoubtèn Yéshé m’écrivit pour me demander s’il valait mieux finir ses études ou partir méditer en un lieu tranquille, loin de ces centaines de gens alentour et de toutes ces réunions auxquelles participer. Il m’écrivait : ’ Rester et étudier ne présentent plus aucun intérêt pour moi. L’eau et la nourriture ici ne me conviennent pas. Je veux vraiment partir vers quelque ermitage. S’il vous plaît, est-ce que je peux m’en aller ? ’ Il semble en effet qu’il n’était pas en bonne santé. Je lui répondis que dans la mesure où il était vraiment rare d’avoir pareille occasion d’étudier le Dharma, il valait mieux ne pas partir mais continuer à étudier jusqu’à ce qu’il devienne guéshé. J’ai entendu dire qu’il avait gardé cette lettre toute sa vie. »

Guéshé Sopa rappela aussi à Thoubtèn Yéshé le besoin urgent d’enseignant ; il lui conseilla d’en finir avec ses retraites et de ne pas tourner le dos à ses étudiants. « Sa lettre m’émut beaucoup, dit [plus tard] Thoubtèn Yéshé, je me mis immédiatement à mémoriser les textes du Vinaya. Ses grandes lignes sont d’une profondeur si mathématique qu’en un mois, je fus capable d’en mémoriser une part considérable. Guéshé Sopa était mon maître le plus important de mes 14 à mes 25 ans. Il avait une très grande influence sur moi… Mon idée était de faire des retraites pendant un certain temps puis d’y revenir. »

Le billet de la directrice (avril 2021)

Chers amis du Dharma, FB IMG 1613345004732

Cela fait une dizaine d'années que le centre Kalachakra s’est engagé dans le dialogue interreligieux. Je continue à y croire et même à le mettre en avant, un peu comme une dynamo de notre bien-vivre ensemble dans cette société plurielle qui est la nôtre… Le but du dialogue interreligieux n'est pas de convertir l'autre, ni de prétendre détenir "La” vérité ou de s'imposer ! 

C’est avec un réel plaisir que Geshe Dakpa, vénérable Denyeu et moi-même avons participé le dimanche 14 février à une cérémonie d’hommage aux endeuillés et pour la fin de la pandémie de Covid-19, à la synagogue de la Roquette située dans le XIè arrondissement de Paris. Au milieu de nos frères et sœurs monothéistes, nous avons récité des prières et chanté le mantra de la compassion.

Toutes les religions ont des valeurs communes : améliorer la condition humaine, accroître la compassion et le pardon. Elles cherchent à créer pour l’humanité un sentiment de famille, de communauté. Ainsi, il est important de créer des liens avec le monde qui nous entoure et en particulier les différentes traditions religieuses. C’est notamment utile dans une ville telle que Paris, et plus particulièrement dans le nord-est, alors que d’un quartier à l’autre nous côtoyons différentes communautés, différentes cultures et différentes religions.

Il existe différentes croyances susceptibles de répondre aux différents besoins et aux intérêts variés des êtres. Chaque membre de la “famille Kalachakra” vient lui-aussi d’un horizon, d’une croyance ou d’une manière de croire qui lui est spécifique. Alors, apprenons à mieux nous connaître entre voisins, entre croyants !

Reconnaître la Mère, une ode à la vue (extraits, par S.S. le Dalaï-Lama)

DL prayingSa Sainteté le Dalaï-Lama a offert cet enseignement le lundi 8 février 2021 à Dharamsala en Inde, à la requête de Lama Zopa Rinpoché et de l’organisation FPMT. Ce texte écrit au 18è siècle par le maître tibétain Changkya Rölpai Dorjé porte sur la production interdépendante et la vacuité.

« Tout d'abord, la vue à laquelle il est fait référence ici est la production en dépendance. Je précise souvent que notre vue étant la production en dépendance, notre conduite consiste à ne pas faire du mal à autrui. Ces idées ont toutes deux un rapport avec la paix dans le monde. En ce qui concerne l'authenticité des enseignements du Bouddha, on dit que peu après son éveil, le Bouddha eut cette réflexion :

Profond et paisible, libre de toute élaboration, luminosité non composée
J'ai trouvé un Dharma à la saveur du nectar.
Pourtant, si je devais l'enseigner, personne ne comprendrait,
Je vais donc rester en silence ici dans la forêt.

« Nous pouvons comprendre les mots "profond et paisible", qui font référence au premier cycle de ses instructions où il révéla les Quatre nobles vérités. "Libre de toute élaboration" indique la perfection de la sagesse du deuxième cycle. La "luminosité non composée" se rapporte au contenu du troisième cycle d'enseignements, et en particulier la nature de bouddha et le Soutra du Tathagatagarbha.

« Lors du premier cycle de ses enseignements, le Bouddha se référa à la vérité de la souffrance, à la vérité de l’origine, à la vérité de la cessation et à la vérité de la voie. En ce qui concerne leur nature, il déclara que la souffrance devait être connue, que l’on devait en éliminer l'origine et actualiser la cessation en cultivant la voie. L'origine que l’on doit éliminer, ce sont le karma et les perturbations mentales. Afin de découvrir s’il est possible de réaliser la véritable cessation, nous devons examiner si la souffrance peut être surmontée. »

À ce propos, Sa Sainteté cita un verset qui se trouve vers la fin du sixième chapitre de l'Entrée dans la Voie médiane :

Ainsi, éclairé par les rayons de lumière de la sagesse,
Le bodhisattva voit que les trois sphères d’existence dans leur totalité sont non-nées dès leur début,
Aussi clairement qu'une groseille à maquereau dans la paume de sa main,
Et par la force de la vérité conventionnelle, il chemine vers la cessation. [6.224]

Il ajouta ensuite une des 400 Stances d'Aryadéva :

Comme le sens du toucher [recouvre] le corps
L'ignorance est présente dans toutes [les perturbations mentales].
En surmontant l'ignorance, vous surmonterez aussi
Toutes perturbations mentales.

Il fit remarquer que l'ignorance pouvait être surmontée par la compréhension de la production en dépendance. Chandrakirti fait allusion plus loin au bodhisattva :

Bien que son esprit puisse reposer continuellement dans la cessation,
Il génère la compassion pour les êtres dépourvus de protection.
En avançant plus loin, il surpassera aussi par sa sagesse
Tous ceux qui sont nés de la parole du Bouddha et des bouddhas intermédiaires. [6.225]

Au début de l’Entrée dans la Voie médiane, Chandrakirti fait l'éloge de la compassion et de l'esprit d'éveil :

Des bodhisattvas, les bouddhas sont nés.
L'esprit compatissant et la cognition non duelle
De même que l'esprit d'éveil sont les causes des bodhisattvas. [1.1]

Comme la compassion à elle seule est acceptée comme étant
La graine de la récolte parfaite de la bouddhéité,
L'eau qui la nourrit, et le fruit qui est une source de plaisir durable,
Je ferai l'éloge de la compassion au début de toute chose. [1.2]

Sa Sainteté expliqua que l’on atteignait l’éveil par la combinaison compassion-sagesse. En usant des deux, on élimine toutes perturbations mentales, les afflictions mentales et les obscurcissements cognitifs. Chandrakirti s’y réfère à la fin du sixième chapitre de l’Entrée dans la Voie médiane :

Et comme le roi des cygnes qui s'élève au-dessus d'autres cygnes accomplis,
Avec les ailes blanches des vérités conventionnelles et ultimes pleinement déployées,
Propulsé par les vents puissants de la vertu, le bodhisattva use
Des qualités océaniques des conquérants pour naviguer vers l'excellent littoral lointain. [6.226]

Sa Sainteté cita trois versets fondamentaux (6.34-6) dans lesquels Chandrakirti expose les quatre erreurs logiques qui se produiraient si les choses possédaient une existence objective ; si elles avaient un noyau essentiel en et par elles-mêmes. Ces erreurs étant que l'absorption méditative d’un arya sur la vacuité serait le destructeur des phénomènes ; qu’il serait erroné d'enseigner que les choses n'ont pas d'existence ultime ; que l'existence conventionnelle des choses serait capable de résister à l'analyse ultime de la nature des choses, et qu’il serait indéfendable d'affirmer que les choses sont vides en et par elles-mêmes.

Sa Sainteté considère ces trois versets comme étant très puissants. Il se les répète et réfléchit régulièrement à leur signification. Lorsqu'il s'agit de réfléchir à la nature du soi, un autre verset sur lequel il s'appuie se trouve dans Les stances fondamentales de la voie médiane de Nagarjouna :

Il n’est pas les agrégats ; il n’est pas différent d’eux,
Les agrégats ne sont pas (dépendants) de lui, pas plus qu’il n’est (dépendant) des agrégats.
Le Tathagata n’est pas le possesseur des agrégats.
Qui est donc le Tathagata ? [22.1]

Sa Sainteté fit remarquer qu'il reprenait souvent ce verset en référence à lui-même et y réfléchissait en conséquence :

Je ne suis ni un avec les agrégats, ni différent d’eux,
Les agrégats ne sont pas (dépendants) de moi, pas plus que je suis (dépendant) des agrégats.
Je ne possède pas les agrégats.
Que suis-je donc ?

« Lorsque vous essayez de déterminer qui vous êtes de cette façon et que vous n’arrivez à rien trouver comme étant le soi, vous pouvez en conclure que le soi est une simple désignation. La vacuité est la simple négation d'un soi absolu. »

Sa Sainteté évoqua l'importance d'écouter un maître qualifié et de réfléchir encore et encore à ce qu'il a dit, lorsque l’on développe la compréhension de la voie médiane. Là-dessus, il se référa aux principaux textes indiens qui traitent du madhyamaka, Les stances fondamentales de la voie médiane de Nagarjouna, l'Entrée dans la Voie médiane de Chandrakirti, à son autocommentaire et à l’Essence de l’éloquence ainsi qu'aux 400 stances d'Aryadéva.

« Dans l'ouvrage de Djé Tsongkhapa intitulé l'Hymne à la production dépendante, Sa Sainteté poursuivit, il dit : "devenir ordonné dans la voie du Bouddha, en n'étant pas laxiste dans l'étude de ses paroles et en pratiquant le yoga avec une grande détermination, ce moine se consacre à ce grand pourvoyeur de vérité". Je me sens moi aussi comme ça. J'ai reçu l'ordination de novice devant la statue de Djowo à Lhassa et plus tard j'ai reçu l'ordination de bhikshou de mon précepteur Ling Rinpoché.

« J'ai étudié la perfection de la sagesse et les textes de Djé Rinpoché sur la voie médiane : Océan de raisonnement - un commentaire détaillé des Stances fondamentales de Nagarjouna ; Illumination de la pensée - un commentaire détaillé sur l'Entrée dans la Voie médiane ; la section sur la vue supérieure du Grand traité sur les étapes de la voie ; la section sur la vue supérieure du Traité intermédiaire sur les étapes de la voie et l’Essence de l'éloquence - un traité différenciant les significations provisoires et définitives des écritures.»

Sa Sainteté nota que le verset 8 comprenait une expression d'humilité et que dans le verset 9, Manjoushrigarbha se réfèrait à Tsongkhapa. Kyeurpeun Rinpoché déclara que si vous étudiez les cinq traités de Tsongkhapa sur la voie médiane, vous ne serez pas accablé par la souffrance. Sa Sainteté précisa que nous devions trouver la vacuité à l’intérieur de nous-mêmes. Certains érudits impliqués dans la terminologie semblent réfuter une créature avec des cornes tout en laissant intact l'objet doté de l'apparence habituelle de solidité.

D'autres érudits suggèrent que les choses doivent avoir une certaine existence sinon il ne serait pas possible de parler de connaissance valide et de son objet. Cependant, ce qui est clair, c'est que les choses existent, mais pas de la manière dont elles semblent. Sa Sainteté cita l'observation de Djé Rinpoché, dans les Trois principaux aspects de la voie, selon laquelle « les apparences réfutent l'extrême de l'existence, la vacuité réfute l'extrême de la non-existence ».

Le verset 13 mentionne les écoles de pensée bouddhistes des Vaibhashikas jusqu'aux Madhyamakas Svatantrika qui sont incapables de débattre avec précision sur la production en dépendance. Les versets suivants éclairent les différentes façons dont les traditions bouddhistes tibétaines se réfèrent à l'union de la clarté et de l’attention avec la vacuité, non seulement en rapport avec l’explication du soutrayana, mais aussi en ce qui concerne l’esprit de claire lumière que les tantras expliquent. Celui-ci se manifeste après la dissolution des trois visions et représente l'esprit employé pour réaliser la vacuité. Les différents termes utilisés par les diverses traditions font tous référence à l'esprit le plus subtil de claire lumière.

Sa Sainteté lut les versets restants de l’ode et déclara avoir donné l'enseignement qu'il avait reçu de Ling Rinpoché. Dans ses notes, se trouvent des versets du Débat entre ignorance et sagesse du Panchèn Lobsang Tcheugyan et il se mit à en lire quelques versets :

Lorsque vous avez un sens du "je" par l’observation des agrégats
Et que vous pouvez constater, par la connaissance valide, que ce "je"
N'est pas véritablement établi tel qu’il apparaît,
Bien que cela vous semble être le cas,

Vous pouvez alors détruire [l'idée fausse de l'existence réelle], ce que vous ne pouvez pas faire autrement.
Lorsque vous observez les agrégats et que vous pensez "Je suis...",
Et que vous avez un négatif non affirmatif - la simple négation
D'un ["je"] véritablement établi - comme étant l'objet appréhendé [de la connaissance du non soi],

Sans perdre la force de [cette attention] et en la maintenant avec une clarté intense,
Vous êtes libéré de la torpeur mentale et de l'excitation, vous détruisez alors l'existence objective de ce "je".
Lorsque vous avez observé les agrégats,
Et que vous avez une expérience telle que : "Je n'existe pas !"

Vous devenez habile à maintenir cette perception de la vue.
Cela va à l'encontre du sens d'un "je" [concret, fixe].
Vous pouvez repousser le [sens erroné] d'un "je".
Pourtant, [ceux qui peuvent faire cela] sont aussi rares que les étoiles en plein jour.

Lama Zopa Rinpoché exprima en tibétain sa gratitude envers Sa Sainteté au nom de la FPMT pour son enseignement d’aujourd'hui et durant toutes ces années. Il fit une dédicace officielle et offrit un mandala.

En réponse, Sa Sainteté déclara : « Zopa Rinpoché et moi-même, nous nous connaissons depuis longtemps. Nous sommes des amis de confiance. Vous et votre maître Lama Thoubtèn Yéshé avez fondé de nombreux centres dans le monde entier pour aider les autres. Rinpoché, vous avez fait de votre mieux, merci. Je vous prie de rester déterminé à poursuivre vos efforts. Il est impossible d’ignorer ce que vous avez accompli. Merci et Tashi Délèk. »