Kalachakra Info

Été 2024
 

Paroles de Maîtres, Lama Zopa Rinpoché

Contribuer au bien-être animal

Lors du rassemblement en 2009 du Conseil pour la Préservation de la Tradition du Mahayana (directement lié à la FPMT), Nick Ribush avait interrogé Lama Zopa Rinpoché à propos du véganisme (parfois appelé végétalisme). C'était à l'institut Vajra Yogini en France. Rinpoché avait répondu de manière extensive et motivée (adaptation et traduction par Franck).


Nick Ribush : Rinpoché, quelle est votre position à propos de la promotion faite par la FPMT, non seulement du végétarisme, mais aussi du véganisme, en raison de la cruauté faite aux animaux lors de la production de produits laitiers ou autres ?


Lama Zopa Rinpoché : La réalité, c’est que nous ne pouvons pas vivre sans nuire à autrui. Il n’y a aucun moyen de survivre sans que d’autres êtres soient blessés ou tués. Nous ne pouvons survivre, même une seule journée, sans causer de la souffrance aux autres.


La vie est ainsi dans le samsara, et c’est pourquoi la réponse ultime est d’en sortir, de s’en libérer. Ce n’est que lorsque vous vous libérez du samsara en actualisant le remède, la voie, la sagesse par la perception directe de la vacuité, qui tranche les illusions de manière directe, les problèmes liés aux obscurcissements et les empreintes négatives, sources de l’illusion, que vous n’avez plus besoin de vous réincarner, de perpétuer le cycle des morts et des renaissances, d’expérimenter les souffrances des six royaumes, l’un après l’autre.


Ce n’est que lorsque vous êtes libéré du samsara que les autres n’ont pas à souffrir pour votre bien-être, qu’ils n’ont plus besoin d’être blessés ou tués pour que vous puissiez survivre. Par conséquent, parcourir le chemin jusqu’à son terme est de la plus haute importance ; c’est urgent.


Autrement, même si vous mangez une assiette de légumes, il est probable qu’ils ont été aspergés d’insecticide lors de leur développement. Et si vous mangez des légumes non traités, il peut y avoir de nombreux insectes minuscules sous les feuilles ou ailleurs, que vous n’avez pas vus parce qu’ils sont de la même couleur que le légume. Donc, lorsque vous préparez de la nourriture, vous devez vérifier chaque morceau très attentivement, et séparer délicatement ceux contenant des insectes pour les sortir dehors, afin que ces derniers puissent continuer à vivre sur leur support, au lieu de les jeter à la poubelle.


J’ai très souvent constaté des légumes venus du jardin et sur lesquels se trouvaient de minuscules insectes. Vous devez vraiment inspecter les légumes de tous les côtés, à l’extérieur et à l’intérieur, parce que si vous ne faites pas attention et que vous ne les avez jamais vus auparavant, vous pourriez ignorer qu’il existe de tels insectes dont l’apparence se fond avec le légume. Bien sûr, cela n’aurait pas d’importance si ces êtres n’avaient pas d’esprit, s’ils n’avaient pas de sensations, mais ils ont un esprit et des sensations. Vous devez donc être très prudent dans le cas des légumes non traités, mettre les insectes de côté dans une boite, puis les sortir dehors.


Il y a aussi de nombreux insectes qui meurent lors de la culture des denrées alimentaires elle-même.  Beaucoup d’insectes sont tués lorsque la terre est creusée ou labourée. Comme je l’ai toujours dit, réfléchissez au nombre de tués pour un seul grain de riz. Les rizières sont creusées, inondées et drainées, et à chaque étape de la culture d’une récolte de riz, de nombreux êtres sensibles meurent. Et cette situation a aussi existé lors de la précédente récolte, ainsi que de toutes les récoltes depuis que le riz a commencé à être cultivé, peut-être depuis des milliers d’années. Combien d’êtres ont souffert et ont été tués depuis cette période incalculable ? Et combien d’êtres humains ont créé du karma négatif en faisant du tort à autrui de cette manière ? Tous ces nombres sont incalculables. Tout cela, pour un grain de riz.


Réfléchissez maintenant à un plat entier de riz. Combien d’êtres ont souffert et sont morts pour cela ? Remontez au moment où le riz a commencé à être cultivé dans le monde. Quand vous méditez dessus attentivement, il est impossible, impossible que  vous puissiez manger le riz sans vouloir agir de manière bénéfique pour le nombre incalculable d’êtres sensibles qui sont morts pour chaque grain de riz du plat. Vous réalisez qu’il est impossible de manger pour votre seul plaisir. Et alors manger ce riz devient très difficile, très douloureux, parce que vous ne pouvez plus ignorer les souffrances de tous ces êtres qui lui sont liés, et de tout le karma négatif créé pour produire le riz.


Ceci est juste pour vous donner une idée du nombre d’êtres sensibles qui doivent souffrir et mourir pour votre bien-être, pour votre vie. Leur nombre est incalculable… Waw…


Et puis il y a l’eau. L’eau est pleine d’êtres sensibles qui ne peuvent être vus qu’au microscope et qui doivent mourir pour nous.


C’est la même chose avec les vêtements que nous portons. Que leur fibre provienne d’une culture ou directement d’animaux, ils ont suivi un long processus pendant lequel il y a eu une quantité énorme de peurs, de souffrances et de morts d’êtres sensibles. Pensez par exemple aux vers à soie qui sont bouillis vivants pour que l’on puisse extraire du fil à partir de leurs cocons. Pouvez-vous imaginer la souffrance qu’ils expérimentent ?


Il y a aussi les bâtiments dans lesquels nous vivons et travaillons. Tant d’êtres sont tués et tant d’autres créent du karma négatif durant leur construction. 


Vous voyez donc qu’il n’y a pratiquement aucun plaisir ou confort que nous expérimentons, qui n’implique pas de souffrance, de mort ou de karma négatif pour un nombre incalculable d’êtres sensibles. C’est pourquoi il est si important de pratiquer le dharma. C’est la chose la plus importante à faire, c’est plus important que quoi que ce soit d’autre.


Si vous n’atteignez pas dans cette vie la libération du samsara ou l’éveil, alors vous avez besoin d’obtenir une renaissance supérieure dans votre prochaine vie, de rencontrer et de pratiquer le dharma, de développer votre esprit et ainsi de réaliser la libération du samsara et peut-être le plein éveil de la bouddhéité.


Ainsi, atteindre la libération est la principale réponse, la chose la plus importante pour votre propre bien et celui des autres êtres sensibles, afin qu’ils ne souffrent pas ou ne meurent pas. Vous libérer du samsara est la solution pour tout cela. Et bien sûr, au-dessus de cela, atteindre l’éveil pour que vous puissiez libérer un nombre incalculable d’êtres sensibles de l’océan du samsara et les amener également à l’éveil[...]


Pour réaliser cela vous devez parcourir la voie, qui commence par les trois entrainements supérieurs [l’éthique, la concentration et la sagesse] pour les êtres de motivation initiale, ainsi que la prise de refuge et la méditation sur le karma. Cela signifie qu’il faut abandonner le karma négatif et développer le karma positif, en évitant les dix non-vertus et en vivant selon les cinq vœux laïques. Cela permet d’éviter une renaissance inférieure et obtenir une renaissance supérieure, dans le but de continuer à développer l’esprit sur le chemin de la libération et de l’éveil, en pratiquant l’esprit d’éveil [la bodhicitta] et les six paramitas, et alors la voie tantrique.


Le fait que nous ayons rencontré les enseignements dans cette vie montre à quel point nous sommes chanceux et fortunés dans ce monde. Non seulement nous sommes nés en tant qu’humains, ce qui est extrêmement rare, mais nous avons aussi reçu ce qu’il y a de plus rare parmi les renaissances humaines, la “Précieuse renaissance humaine”, avec ses libertés et les opportunités qu’elle offre. Toutefois, une telle vie ne dure pas longtemps et peut s’arrêter à tout moment. Cette opportunité incroyable et très précieuse d’avoir rencontré le dharma dans son entier -soutras et tantras- peut être terminée à chaque instant[...]


En complément, nous pouvons nous engager dans de nombreuses activités pour offrir à d’autres êtres sensibles l’opportunité de rencontrer le dharma et ainsi apporter le bonheur aux autres. Nous pouvons leur offrir la chance d’étudier et pratiquer le dharma pour qu’ils puissent apprendre à dépasser la souffrance et se libérer du cycle des morts et des renaissances, au lieu de continuellement traverser les souffrances de chacun des six royaumes.


Pour nous même et pour autrui, réaliser l’éveil est ce qu’il y a de plus ultime. La base, c’est de ne pas faire de tort à autrui, et ensuite, essayer de lui être bénéfique. Plus nous réduisons la souffrance que nous faisons à autrui, plus nous leur sommes bénéfiques.”


En complément de cette réponse de Rinpoché, nous vous recommandons la retraite “Apaiser la souffrance” du 8 au 11 août 2024, durant laquelle l’accent sera mis sur le bien-être des animaux. À cette occasion, votre animal domestique sera le bienvenu !

Le billet de la directrice

La peinture sacrée tibétaine, au service de la transformation intérieure

Chers amis du dharma, 

Nous sommes heureux de vous présenter mi-juillet un atelier d’initiation à la peinture sacrée tibétaine . C’est un art chargé de sens, et c’est aussi une pratique d’accumulation d’énergie bénéfique (ou mérites). Il permet de créer des supports symboliques pour les pratiquants bouddhistes, et contribue à la purification du corps, de la parole et de l’esprit. L’atelier que nous vous proposons permet aussi de développer la concentration et apaiser le stress, en favorisant le calme mental, la paix intérieure et la sérénité.

L’art sacré tibétain est issu d’une tradition millénaire, d’abord élaborée en Inde puis perfectionnée au Tibet ainsi que dans les pays de cultures bouddhistes dites « du véhicule de diamant ». Il s’agit de créer des images cultuelles, supports de méditation et d’enseignement. 

Dans la tradition bouddhiste des tantras, la pratique nécessite la mémorisation et la visualisation de nombreuses images qui sont relatives à son « panthéon » complexe. Ces représentations ont été élaborées  pour former un ensemble canonique à la fois complet et vaste. Leur mode de réalisation fait l’objet d’un savoir-faire très précis, transmis dans une lignée ininterrompue qui remonte au Bouddha Shakyamouni lui-même.

La visualisation est au cœur du chemin tantrique, et elle joue un rôle vital dans le processus de transmission de l’éveil. Dans la pratique, nous abandonnons nos formes ordinaires et nous transformons en une énergie pure d’éveil. Ces images de divinités représentant des archétypes de la bouddhéité, elles nous inspirent et transforment nos énergies les plus subtiles, notre être le plus intime. Ceci est possible car ces images représentent des forces possédant une véritable réalité inhérente. 

L’art tibétain ne doit pas être considéré comme une décoration sur un mur, à regarder de temps en temps pour être admiré d’une manière distraite. Au contraire, il favorise la mémorisation, et la visualisation véritable existe quand l’image peut être maintenue dans l’esprit, non pas comme quelque chose de plat et d’inanimé, mais comme une représentation vivante d’un être de lumière radieux, transparent et vide d’existence autonome, telle qu’est la nature de l’esprit. Chaque image n’est donc pas créée de manière arbitraire par l’imagination de l’artiste, mais née de l’esprit omniscient du Bouddha. De ce fait, elle contient toutes ses insurpassables qualités.

Nous vous espérons nombreux pour cet atelier exceptionnel, dans le cadre magnifique d’un centre de retraite sublimé par les couleurs de l’été.


Excellent été à tous et à toutes !


Élisabeth


  La Puja du feu à Dorje Khadro, vue par Michelle Ledimna

"Une expérience totale, qui transforme profondément"

Du 14 au 18 août, le centre de Saint Cosme propose une retraite de purification et de transformation exceptionnelle, sur la base d'un rituel privilégié par Lama Tsongkhapa lui-même. Son animatrice Michelle Ledimna nous la présente plus en détail.


"Ceux d’entre vous qui ont eu l’occasion de faire la pratique de Dordjé Khadro l’ont en général fait au terme d’une retraite en groupe. La majorité ignore que c’est l’une des neuf pratiques préliminaires des guélougpas, une pratique solitaire donc, en général impliquant 100 000 récitations du mantra. Elle se destine à toute personne prête à tenter l’expérience.

C’est un rituel très certainement hérité des pratiques chamaniques qui existaient au Tibet avant l’arrivée du bouddhisme. Le rituel du feu purificateur se retrouve dans toutes les traditions ancestrales et sur tous les continents.

Lama Yéshé l’a très vite considéré comme particulièrement adapté à « ses » étudiants occidentaux car il est physique, concret et directement parlant. À vrai dire, c’est une pratique totale qui mobilise fortement corps, parole et esprit, qui mobilise donc des personnes sans grande aptitude pour la méditation. « We are so gross » disait-il, se mettant toujours « dans le même sac » que nous. 

Les préparatifs sont importants, il faut préparer les graines à offrir (des graines de sésame noir qui, ô surprise, passées par le feu, surgissent blanches), savoir faire un feu qui flambe et qui dure, préparer l’autel et ce faisant, préparer son esprit.

Nous arrivons avec nos handicaps (qui ne nous appartiennent pas toujours mais que nous traînons), nos culpabilités, nos traumatismes mal digérés, en un mot nos douleurs, et nous décidons de saisir cette occasion pour nous en alléger. Mais nous pouvons aussi le faire pour un proche en fin de vie ou déjà mort, pour purifier une relation... 

Une déité sera visualisée dans le feu, ou plutôt le feu sera la déité qui a la capacité de transformer la douleur en nectar. Nous lui offrirons tout ce qui nous encombre. Lama la comparait à un trou noir avec un phénoménal pouvoir d’absorption. 

« Get the taste » disait toujours Lama, tentez l’expérience et vous verrez si cette pratique vous inspire, vous convient, a un impact. Diversité des outils adaptée à la diversité des êtres…

C’est une expérience totale, qui transforme profondément. C’est avec enthousiasme que je vous conduirai dans cette découverte à laquelle j’ai consacré au moins six mois de ma vie."

Découvrez plus d'infos sur cette retraite en cliquant sur ce lien.

Carnet du pélerinage à Auschwitz de mai 2024


En mai dernier, une dizaine de participants accompagnés de François Schick se sont retrouvés au camp de concentration d'Auschwitz en Pologne, pour un voyage spirituel hors du commun.
Un grand merci à Marie-Christine pour son témoignage.



“Ce n’était pas un voyage d’agrément… Ce n’était pas non plus un voyage vers les lieux sacrés du bouddhisme. C’était un voyage en enfer, un enfer visible, lieu du mal et de la souffrance absolue : la peur, la faim, la soif, les blessures, les maladies, la douleur de la séparation avec les êtres chers, et la mort pour finir… souvent comme une délivrance. Un million et demi d’êtres humains ont fini brutalement leur vie là-bas.


Nous y sommes allés, heureusement à plusieurs, pour leur rendre hommage, eux dont les cendres ont été dispersées dans des mares et marécages. Nous y étions pour méditer, comprendre, faire acte de mémoire et de respect.
 


Le séjour était organisé de manière progressive avec une arrivée à Cracovie et la visite de la mine de sel, le musée Schindler puis deux jours entre Auschwitz et Birkenau avec un guide francophone le matin, et l’après midi des méditations collectives et des déambulations solitaires.


Il faut connaître ces lieux, il faut transmettre ces mémoires aux jeunes générations alors que les derniers témoins s’en vont, qu’ils comprennent en profondeur que le meilleur est possible dans l’être humain et le pire aussi.


Nous étions neuf à nous tenir la main, et pour deux d’entre nous, il y avait des membres de leur famille là bas, leurs noms dans de gigantesques registres comme traces ultimes. 


Merci à Vénérable Élisabeth d’avoir proposé ce séjour et j’en suis encore émue. On ne revient pas indemne d’un séjour là-bas. 


Les jours après le retour furent difficiles, mais ils ont contribué eux aussi à renforcer ma détermination à cheminer sur les sentiers de la bonté et de la bienveillance auxquels nous invite le Bouddha.


Parmi tant d'horreurs et de souffrance, notre présence de deux jours et de deux nuits sur place nous a permis de saisir les quelques instants de bonheur et d’espoir. Ils ont sans doute permis à certains déportés de se raccrocher à la vie : un oiseau qui chante, un nuage dans le ciel qui prend des formes étranges, une information glanée au passage sur les proches ou sur la situation dans d’autres parties à l’extérieur des camps. C’est ce que nous avons ressenti nous aussi, avec l’intervalle des 70 à 75 ans qui nous séparent de leur histoire. 


Il ne fait aucun doute que parmi le million et demi de victimes, il y a eu des sages, des justes, des héros qui sont tombés dans l’anonymat. Ce sont eux aussi qui ont nourri nos méditations. Ils ont donné du sens aux regards, aux paroles, aux étreintes que nous avons partagés entre nous, avec eux et pour eux.”


Big Love - Morceaux choisis  #33


En avant pour la tournée d'enseignements de 1975

Chaque mois, nous vous proposons un extrait en français de "Big Love", la fameuse biographie de Lama Yéshé (Traduction par Michelle).

L'extrait suivant évoque notamment Lama Yéshé et Lama Zopa Rinpoché, fascinés par la visite d'un laboratoire universitaire de dissection humaine...

  

Bangkok


« Laissant l’Inde derrière eux, les lamas et Dr Nick s’envolèrent pour Bangkok où ils restèrent au YMCA. La chaleur et l’humidité très élevées épuisèrent tellement Lama Yéshé que cela inquiéta Dr Nick ; c’était la première fois qu’il observait les effets de la chaleur sur Lama. Il ne fut pas question pour autant de refuser une quelconque invitation et les lamas enseignèrent tout un week-end […]


Lama Yéshé se pressa ici et là, tapotant constamment des mains féminines, ce qui n’était pas sans choquer certains moines thaïlandais qui, eux, ne touchaient jamais les femmes. Il rencontra aussi un moine de Séra, Guéshé Lobsang Tènguyé, qui rejoindra l’organisation de Lama quelques années plus tard (et passera le reste de sa vie comme maître résident à l’Institut Vajra Yogini dans le Tarn) ; et Zasèp Toulkou, qui avait fréquenté « l’école à domicile pour jeunes lamas » de Fréda Bédi, et était venu en Thaïlande étudier la méditation vipassana. […] « Oh, c’est trop dommage, dit Lama à Zasèp Toulkou, j’ai besoin de toi. Ce serait super si tu pouvais venir en Australie. » Deux ans plus tard, il en fut ainsi. […]


Melbourne (p422) 


Inta Mc Kimm, une psychologue, qui avait suivi plusieurs des conférences que Lama Yéshé avait donné à Melbourne, offrit généreusement sa maison Fitzroy aux étudiants de Lama pour méditer en groupe tous les mercredis. Ce furent les débuts du premier centre de Melbourne. 


Tandis qu’ils étaient à Melbourne, Dr Nick avait contacté son ancien professeur d’anatomie à la Faculté de Médecine, à qui il présenta Lama comme étant le « Dr Yéshé de Lhassa. » « Je lui dis que Lama voulait voir comment on enseignait la médecine en Occident, si bien que nous circulions librement dans les départements d’anatomie et de pathologie. Je lui montrai des cœurs affectés d’un rhumatisme cardiaque avec la même sténose aortique et la même incompétence mitrale que les siennes. » dit Nick. De retour à Sydney, Lama raconta sa visite à Rinpoché qui dit vouloir aussi visiter ce département d’anatomie. Ils allèrent donc au Muséum médical de l’Université de Sydney, conduits par Gloria Searle qui avait participé au quatrième cours de Kopan. Rinpoché fut totalement fasciné par la salle de dissection. Il raconta plus tard : « Près de la porte, il y avait dans des flacons de verre, des bébés dont je n’eus pas le temps de finir de regarder les visages. Il y avait aussi un énorme tube avec des tas de bras et de jambes (conservés dans du formol) qui sentaient fort.» Contrairement à la narration sobre que Rinpoché en fait, leur vue et leur odeur l’avaient quasiment fait vomir à l’époque. 


« Les Lamas tournaient autour en claquant de la langue et en opinant du chef, dit Gloria. Plus tard, quand je les ramenai à la maison, Lama me dit que la viande était un remède très puissant et que vous pouvez parfois avoir besoin d’en manger. À Kopan, il m’avait dit de faire manger de la viande à mon fils Adam. J’étais restée à dîner et je demandai à Rinpoché combien il mangeait. Il me répondit : « Une cuillerée de riz avec une heure de sommeil par jour, » mais je n’étais pas sûre s’il plaisantait ou pas. »


Lama se mit en retraite pendant que Nick et Max enseignaient, puis au début d’une initiation de Tchènrézi, il dit à l’auguste assemblée : « Vous avez cent pour cent la permission de profiter de ce moment tel qu’il est et de tous les moments tels qu’ils sont. »


Premier cours à Chenrezig Institute


« Lama voyait large pour ce centre. En 1974, il leur avait dit : « Pensez grand, pensez grand ! » Cette année-là, un cheval nommé « Think big » avait gagné la fameuse course de Melbourne. En 1975, Think Big gagna à nouveau la Coupe. [Dommage], personne n’avait eu l’idée de parier sur lui ! »


[…] Lama Yéshé passa beaucoup de temps à cuisiner avec Kathy Vichta pendant le cours qui se déroula du 5 mai au 1er juin.

« Il me montra comment écraser les légumes à la main au lieu de les couper. Et ça fonctionnait super. Un jour, il fit même une préparation avec des conserves dont il écrasa le contenu dans des bols en récitant des mantras. Il récitait toujours des mantras en cuisinant. Il mettait vraiment beaucoup d’énergie physique dans les trucs matériels comme si c’était une part vraiment importante de la vie, » dit Kathy. »

   Fermeture estivale du centre parisien


Le centre parisien ferme ses portes à l'issue de la Fête de la réjouissance du 30 juin, pour se concentrer sur le centre de retraite. Rendez-vous l'après-midi du dimanche 1er septembre pour notre journée Portes Ouvertes

 

Rencontre avec  Nathalie


"Je suis épatée par le travail de Vénérable Élisabeth"
Nathalie connait le centre depuis plus de 20 ans, et elle aide comme bénévole à la comptabilité.
Propos recueillis par Arnaud.

 

Comment t’es-tu retrouvée au centre ?


Je suis arrivée en 2003 au centre. J’avais déjà lu des livres de Sa Sainteté le Dalaï-Lama qui m’avaient interpellé. Je suis donc allé à la conférence publique qu’il a donnée à Bercy. C’est là que j’ai rencontré le centre pour la première fois car il y tenait un stand. Je suis ensuite allé à la boutique de Kalachakra pour acheter de l’encens. Le cycle “Découverte du Bouddhisme” venait de commencer et j’étais intéressée. J’ai rejoint le programme lors du deuxième module sur la méditation. Je me souviens de la première fois où je me suis assise dans la gompa, avec Denis qui enseignait et Kunsang qui était là. C’était très fort. J’avais l’impression d’être à la maison.
J’ai continué de fil en aiguille. J’ai suivi tout le cycle de DB et j’ai enchainé avec le PEBA que j’ai suivi en entier. En revanche, je n’ai jamais eu la disponibilité pour faire les trois mois de retraite lamrim. 


Après ça, j’ai guidé certaines méditations du mercredi avec le petit groupe qui s’en occupait à l’époque. J’ai aussi un peu aidé Elio à la comptabilité. Et puis je me suis un peu éloignée du centre. Les programmes d’études étaient terminés et les liens se sont un peu distendus. Je me suis posée autrement, en allant suivre des enseignements et faire des pratiques ailleurs, toujours dans le cadre de la FPMT.


En décembre-janvier, j’ai fait le pèlerinage avec le groupe à Bodhgaya et j’ai renoué le lien avec Kalachakra.


Et tu es impliquée dans quoi aujourd’hui ?


Je commence à m’impliquer dans les finances dans le cadre du remplacement d’Elio. Je vais aider à la comptabilité.


Je suis aussi les enseignements de Nagarjuna sur “Les louanges à la vacuité” qui font suite aux enseignements de Sa Sainteté à Bodhgaya. 


J’ai également repris des lectures qui me donnent envie de revenir à certains modules du PEBA : le lorig, les vues philosophiques selon les quatre écoles. Je suis intéressée par le nouveau programme que le centre va offrir sur ces sujets.


Un mot de la fin ?


Heureuse d’être de retour. Il y a une bonne équipe, très dynamique. Je suis vraiment épatée par le travail incroyable de Vénérable Elisabeth grâce à laquelle tous ces centres si bénéfiques existent.

Séquence rétro : dans les archives du centre Kalachakra


Chaque mois, nous ressortons du grenier une ou plusieurs photos qui nous rappellent de beaux moments.

  Été 2023, il fait chaud à St Cosme... un déjeuner sur l'herbe réjouissant et rafraichissant !

La lettre de la fpmt

Bel été à toutes et à tous !


Toute l'équipe du centre Kalachakra vous souhaite un bel été et vous donne rendez-vous au centre de retraite.
Prochain Kalachakra Info : 15 septembre 2024
Bon repos... bonnes études... et bonnes pratiques ! Tashi Delek !